Le mont Saint-Michel

▶ Découvrir l’histoire du Mont-Saint-Michel
▶ Apprendre du vocabulaire en lien avec l’architecture

Sommaire

  1. Vocabulaire
  2. Vidéo
  3. Transcription
  4. Questions
  5. Réponses aux questions de compréhension (page 2)

Vocabulaire

gagner en importancedevenir plus important
faire amende honorablereconnaître ses tords et s’excuser
mettre en chantier (qqch)engager = débuter = s’atteler à = engager = commencer
un lieu de détention = un établissement pénitentiaireune prison
compenser (par/avec)équilibrer
reposer sur = être soutenu pars’appuyer sur
l’ordre des bénédictinsun ordre religieux suivant la règle de Saint Benoît (Sanctus Benedictus)
le scriptoriumlieu d’un monastère où les moines écrivent et copient les manuscrits

Vidéo

Transcription

Le mont Saint-Michel, classé sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979, est le plus important site touristique français hors de Paris et Versailles.

Le mont accueille 3 millions de touristes chaque année, et l’abbaye qui se trouve à son sommet voit passer entre ses murs environ 1 million de visiteurs par an.

Le prestige du mont Saint-Michel s’explique par trois aspects qui s’influencent mutuellement : sa situation géographique, son histoire, et son architecture.

1. Géographie

Le mont Saint-Michel se trouve au nord-ouest de la France, à la frontière entre la Bretagne et la Normandie.

La commune du Mont-Saint-Michel comprend un territoire sur le continent et un îlot rocheux coiffé par la célèbre abbaye. C’est ce rocher, sur lequel un culte est dédié à l’archange Saint-Michel depuis le 8e siècle, qui a donné son nom à la fois à la commune et à la baie toute entière.

On accède au rocher montois par un pont-passerelle, puis il faut gravir la rue principale du village pour arriver à l’abbaye. Si on veut éviter un tant soit peu la foule, on peut aussi passer par les ruelles ou bien par les remparts qui longent le côté est. Une fois dans l’abbaye, l’ascension continue, jusqu’à arriver à l’église qui couronne ce chef d’œuvre architectural.

2. Histoire

Personne ne peut dire précisément quand est-ce que l’îlot appelé le Mont Tombe est devenu un lieu sacré mais il l’était déjà avant que ne commence son histoire chrétienne.

Selon la tradition, en 708, l’archange Saint-Michel serait apparu par trois fois à l’évêque d’Avranches, Aubert, pour lui ordonner de construire un oratoire sur le Mont Tombe. Aubert y installe donc une collégiale de chanoines chargée de répandre la foi chrétienne.

En dépit de sa dangerosité d’accès, le lieu gagne en importance, les pèlerins y affluent et une petite communauté villageoise s’installe auprès des religieux.

En 966, le duc Richard Ier de Normandie chasse les chanoines pour donner le mont à des moines de l’ordre des bénédictins. Ceux-ci s’y installent et grâce aux dons du duc, construisent une nouvelle église et une chapelle.

Cependant, les bâtiments s’avèrent bientôt trop petit pour recevoir les nobles et les pèlerins venus de très loin pour visiter ce lieu consacré à Saint-Michel. Toujours soutenu financièrement par les ducs de Normandie, anciens vikings installés en France et futurs conquérants de l’Angleterre, les bénédictins vont entamer la construction d’une grande abbaye au XIe siècle.

Le projet est ambitieux : la nouvelle église dépasse en superficie le sommet du rocher montois. Le bâtiment religieux repose donc en partie sur le rocher, la croisée du transept, et en partie sur un soutènement constitué principalement de 4 cryptes, dont l’une est l’ancienne chapelle pré-romane construite au Xe siècle et toujours visible de nos jours : Notre-Dame-sous-Terre.

Pendant les XIe et XIIe siècles, on construit ainsi l’abbaye romane constituée de bâtiments monastiques fortifiés entourant l’église.

Ces constructions subissent à plusieurs reprises des dégâts dû à des défauts de construction, des tempêtes ou à la foudre qui provoque des incendies…

Mais le mont n’est pas non plus épargné par les guerres.

Au début du XIIIe siècle, de grands dommages sont causés lors d’une tentative d’invasion armée des troupes bretonnes alliées à Philippe Auguste, qui cherchent à reconquérir les territoires que le roi d’Angleterre Jean sans Terre, descendant des ducs de Normandie, possède alors en France.

Les troupes bretonnes, qui n’arrivent pas à prendre l’abbaye fortifiée, incendient le village alors situé au nord de l’île avant de s’en aller. Le feu se propage au-delà des fortifications et détruit une grande partie du monastère.

Philippe Auguste, après avoir réussi à s’emparer des terres de son rival, cherche à faire amende honorable. Il soutient un nouveau projet de reconstruction au nord de l’église qui est alors mis en chantier.

La nouvelle construction, appelée « la Merveille », consiste en trois bâtiments de chacun trois étages, alignés d’est en ouest, et de style gothique. Le bâtiment le plus à l’est est construit en premier. L’étage inférieur sert à accueillir les pèlerins, l’étage directement supérieur sert à recevoir les nobles, et le dernier étage sert de réfectoire aux moines. Les trois étages du deuxième bâtiment de la Merveille servent, de bas en haut, d’entrepôt à provision, de salle de travail ou « scriptorium », pour les moines, et enfin de cloître.

Le troisième bâtiment du projet ne sera quant à lui jamais construit. A la place, le village concentré au sud-est est fortifié pour protéger l’accès à l’abbaye.

En effet, entre les XIIIe et XVe siècles, le mont Saint-Michel se trouve au cœur des conflits qui opposent les royaumes de France et d’Angleterre et qui vont culminer pendant la guerre de Cent-Ans, entre 1337 et 1453. Des fortifications de plus en plus étendues sont donc construites pour protéger l’abbaye et le village des assauts des forces anglaises, faisant du mont Saint-Michel l’une des rares places fortes qui résistent avec succès aux armées anglaises dans le nord-ouest de la France.

Ces remaniements dans la défense du mont ont des conséquences sur la route empruntée par les pèlerins. Ceux-ci qui jusqu’au XIIe siècle longeaient le côté nord ou le côté sud du mont avant d’arriver à l’église par l’ouest, doivent dorénavant entrer dans l’abbaye par l’est, en gravissant la rue principale du village, continuant vers un nouveau bâtiment d’entrée où se trouve la salle des gardes et un tribunal, et achevant leur ascension du mont par le long escalier à ciel ouvert appelé le « Grand degré ».

Le 20 septembre 1421, le chœur de l’église s’effondre. Nous sommes toujours dans la guerre de Cent Ans et ce n’est qu’à la fin de celle-ci que les travaux de reconstruction pourront s’achever. Comme la crypte orientale qui soutenait le chœur n’est pas détruite, elle est renforcée, gagnant son nouveau nom de « crypte des gros piliers », pour soutenir les colonnes du chœur gothique flambant neuf de 25 mètres de haut, élancé et lumineux. Le chœur de l’église est également soutenu à l’extérieur par des arcs-boutants, qui compensent avec grâce la poussée exercée sur les voûtes.

En août 1776, un incendie créé des dommages irréversibles dans la nef de l’église et la partie occidentale est abattue. On construit alors une nouvelle façade, de style classique cette fois, pour fermer l’église, qui est donc plus courte qu’à l’origine.

Depuis le XVe siècle, sous Louis XI, l’île fortifiée coupée du continent servait de lieu de détention pour des prisonniers politiques. Mais de la Révolution française jusqu’en 1863, le mont Saint-Michel sera utilisé exclusivement comme prison d’État, et sera parfois surnommé la « Bastille des mers ».

La grue à treuil que l’on peut voir lors de la visite est un témoin de cette époque où demeurait dans les cellules du mont Saint-Michel plusieurs centaines de prisonniers.

Au XIXe siècle, des personnalités engagées comme Prosper Mérimée ou Victor Hugo militent pour la conservation du patrimoine architectural français, et d’abord pour le sauvetage des monuments religieux du moyen-âge, saccagés par les mouvements de déchristianisation pendant la Révolution puis laissés à l’abandon. En 1863, sous Napoléon III, l’îlot cesse enfin d’être un établissement pénitentiaire, et en 1872, le gouvernement de la IIIe République engage la restauration du Mont-Saint-Michel. Celui-ci est classé « monument historique » en 1874. Trois architectes vont successivement diriger les travaux. Ils sont tous disciples directs ou indirects d’Eugène Viollet-le-Duc, l’architecte qui a dirigé la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris entre 1844 et 1864.

Le premier à s’atteler à la tâche est Édouard Corroyer. Il amène avec lui sa femme de chambre, Anne Boutiaut, qui tombe amoureuse et se marie avec le fils du boulanger du Mont, Victor Poulard. Le couple s’installe sur le Mont avec la bénédiction de Corroyer et y ouvrent une auberge. Anne Boutiaut, qu’on appelle alors la « mère Poulard », y régale les voyageurs affamés d’un accueil chaleureux et d’une spécialité rapide à cuisiner : les omelettes.

Sous la direction de Corroyer, la construction d’une digue destinée à relier le Mont au continent débute. Auparavant, les voyageurs venaient du nord, de Genêts près d’Avranches, et traversaient la baie à marée basse dans des calèches appelées « maringotes », ou à pied, en passant par l’îlot de Tombelaine. La nouvelle digue dont les travaux s’achèvent en 1879 amène dorénavant les voyageurs depuis le sud, et à toute heure. En effet, le flux des voyageurs n’est plus interrompu par les marées hautes pendant lesquelles la mer vient entourer les remparts. C’est depuis cette époque, qui voit également le développement du chemin de fer et de la photographie, que le Mont devient une grande destination touristique.

Le second architecte en charge des travaux de rénovation est Victor Petitgrand. C’est à lui que l’on doit, entre autres, la nouvelle flèche néo-gothique du Mont-Saint-Michel, qui ressemble beaucoup à celle qu’a construite son mentor Viollet-le-Duc à Notre-Dame de Paris. Pour coiffer l’abbaye de cette nouvelle flèche qui culmine à plus de 150 mètres au-dessus du niveau de la mer, il démonte et reconstruit à neuf la croisée du transept et ses grandes colonnes.

Enfin, le troisième architecte, Paul Gout, s’opposant aux idées de ses prédécesseurs, s’efforcera de restaurer le Mont tout en conservant son authenticité historique, c’est-à-dire en reconstituant et renforçant l’édifice sans ajouter de nouvelles constructions. Il est aussi l’auteur d’un ouvrage de référence sur l’histoire du Mont-Saint-Michel.

Les rénovations sur le Mont se sont poursuivies tout au long du XXe siècle. A ce jour, le dernier épisode de cette épopée architecturale est le rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel. En effet, depuis la fin du XIXe siècle et la construction d’un barrage et de plusieurs digues, l’ilot montois n’avait plus été entouré par la mer. Pire, la baie où trône le Mont-Saint-Michel s’était même ensablée.

Entre 2005 et 2015, des travaux ont remplacé la digue par un pont-passerelle de 760 mètres, et ont installé un barrage sur le Couesnon chargé de déverser de gros volumes d’eau pour repousser les sédiments qui s’amassent au sud de l’îlot montois et désensabler la baie. Ainsi, en allant aujourd’hui visiter le mont Saint-Michel, son abbaye et sa baie, on peut admirer une merveille architecturale et une merveille naturelle, vivant en symbiose depuis plus de 1300 ans.

3. Influence dans les arts

Grâce aux efforts humains et à la clémence de la nature, le mont Saint-Michel a pu rester tel qu’il frappe encore l’imagination du pèlerin contemporain, et nombreux sont les artistes qui ont trouvé en cette œuvre conjuguée de la nature et de l’art une source d’inspiration.


Questions de compréhension

  1. Combien y a-t-il de visiteurs chaque année au Mont-Saint-Michel ?
  2. Selon la tradition, quelle est l’année de fondation du Mont-Saint-Michel en tant que sanctuaire chrétien ?
  3. Combien de cryptes soutiennent l’église ?
  4. Quels sont les différents styles architecturaux des bâtiments qui composent l’abbaye du Mont-Saint-Michel ?
  5. Vrai ou faux ? Le Mont-Saint-Michel a toujours servi de lieu de culte chrétien.
  6. En quelle année le Mont-Saint-Michel a été classé « monument historique » ?
  7. Complétez avec les directions cardinales : Autrefois, les pèlerins accédaient au Mont-Saint-Michel par ______ et entraient dans l’abbaye par __________, mais aujourd’hui, on arrive au Mont par _________ et on entre dans l’abbaye par _______ .
  8. Qui a été chargé de la construction d’une digue reliant le continent à l’ilot du Mont-Saint-Michel ?
  9. Qui a construit la flèche que l’on voit de nos jours ?
  10. Qui a écrit un livre de référence sur l’histoire du Mont-Saint-Michel ?
  11. Vrai ou faux ? Aujourd’hui, le Mont-Saint-Michel n’est plus entouré par la mer.
  12. Donnez le nom des endroits ou parties de l’église numérotés ci-dessous.
    1.
    2.
    3.
    4.
    5.
    6.
    7.
    8.
    9.

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