FRJV Episode 2 (King’s Quest)

🎮 King’s Quest (remake)
💪 Les principaux temps du passé, le conditionnel

Dans cette série de vidéos « Apprendre le français avec les jeux vidéo » (#FRJV), je vous propose d’étudier le français à partir d’extraits de jeux vidéo en français.

Cette fois-ci, j’ai choisi un passage du remake de King’s Quest (Sierra/ Activision/ The Odd Gentlemen). Comme le passage est assez long, je l’ai divisé en deux parties. Je vous explique le français de la première partie dans cet épisode 2, et je vous donne rendez-vous pour la suite dans l’épisode 3 !
Si vous avez des questions, laissez-les en commentaire sur cette page ou bien sur YouTube ! Bon visionnage !

Jeu King’s Quest
Année 2015-16 Developpeur Sierra / Activision / The Odd Gentlemen PEGI 12 Plateformes PS3, PS4, X Box 360, Xbox One, Windows PC

les principaux temps du passé (imparfait, passé composé, plus-que-parfait)
le conditionnel
une baratte
les moindres recoins
une petite minute
une stalactite / une stalagmite
s’en faire/ne t’en fais pas.
se frayer
le lit d’une rivière
colossal (adj.)
ultime (adj.)
improbable -adj.)
saugrenu (adj.)

Vidéo

Transcription de l’extrait utilisé

L’extrait provient de King’s Quest © Sierra / Activision / The Odd Gentlemen, 2015-16

Partie 1

(Graham) Je n’étais plus venu là depuis des années, mais il ne restait nulle part où aller…
Ce n’était pas le trésor que je cherchais.
Ce n’était pas comme dans mes souvenirs mais ça restait assez proche.
Deux mécanismes bizarres gardaient le trésor perdu. Je devais en actionner un et voir ce qui se passerait.
Des seaux, des tonneaux, des barattes et des lits occupaient les moindres recoins. C’était si familier.
Le lit était très confortable mais je ne pouvais pas rester sous la couette !

(Gwendoline) Attends, attends ! Une petite minute grand-père ! Je ne me souviens pas de ce passage. Des lits suspendus à des stalactites ?

(Graham) On y vient Gwendoline, ne t’en fais pas. On ne manquera aucun détail de l’histoire.
Où en étais-je… Ah ! Oui, tandis que je me frayais un passage dans le lit de la rivière de lits, j’avais peur de deviner la source de ce vent assourdissant.
Sous un amas gigantesque de dents et de griffes se trouvait…

(Gwendoline) Le miroir légendaire !

(Graham) Oh, alors tu te rappelles ce bout de l’histoire ?

(Gwendoline) Ben, les dragons, c’est ce que je préfère.

(Graham) Tu veux raconter toi-même ?

(Gwendoline) Oui ! Le roi Édouard m’a envoyé, moi, le plus grand chevalier de Daventry, pour retrouver son miroir perdu. Un colossal et terrifiant dragon, c’était l’ultime obstacle avant… avant…

(Graham) Ha ha ha ! Avant d’obtenir un chapeau brillant, pour ma collection !

(Graham) J’essayais d’utiliser cette machine improbable, mais quelqu’un avait retiré la poignée, créant ainsi un casse-tête saugrenu.

FRJV Episode 1 (FFXV)

🎮 Final Fantasy XV
💪 Français familier, ironie

Dans cette nouvelle série de vidéos « Apprendre le français avec les jeux vidéo » (« FRJV »), je vous propose d’étudier le français à partir d’extraits de jeux vidéo. Pour la première vidéo, « FRJV Episode 1 », j’ai choisi un extrait de Final Fantasy XV (Square Enix) et je vous explique le français familier et certaines expressions utilisées dans l’extrait.
Si vous avez des questions, laissez-les en commentaire sur cette page ou bien sur YouTube ! Bon visionnage !

Jeu Final Fantasy XV
Année 2016 / 2018 Developpeur Square Enix PEGI 16 (16 ans et plus ) Plateformes PS4, X Box One, Windows PC, Stadia

Français étudié français familier, ironie
avoir la mort de quelqu’un sur la conscience
se magner le train
ça serait beau
ça me saoule/soûle
en avoir marre
râler
dixit
ça commence bien
c’est de la rigolade
c’est beau de rêver
ça me fait une belle jambe
(…)

Vidéo

Transcription de l’extrait utilisé

L’extrait provient de Final Fantasy XV © Square Enix, 2016/2018

(Gladiolus) On avance pas… Pas cool, la vie à la campagne…
(Ignis) Plus dur que je ne pensais…
(Gladiolus) Pas le choix, faut continuer à pousser !
(Prompto) Hein ? Si je continue vous aurez ma mort sur la conscience.
(Gladiolus) Bouge tes fesses ! Dépêche ! Magne-toi le train !
(Prompto) Ça va, j’ai compris ! Dites, c’est pas la voiture qui doit nous transporter ?
(Noctis) Ouais, ce serait beau.
(Gladiolus) On y va ! Un, deux, trois !

(Noctis) Ça me saoule, j’en ai déjà marre !
(Gladiolus) Et moi, prince charmant, tu crois que j’en ai pas marre de t’entendre râler ?
(Ignis) Il faut savoir positiver !
(Prompto) Dixit le mec qui se fait pousser !
(Gladiolus) Ça commence bien ce petit voyage !
(Noctis) Gladio, soit un vrai pote…
(Gladiolus) Comment ça ?
(Noctis) Tu pourrais pas la pousser, steuplait ?
(Gladiolus) Tu veux dire, tout seul ?
(Prompto) Allez ! Pour un gars aussi musclé, c’est de la rigolade !
(Gladiolus) Ce qui est moins drôle, c’est de voir à quel point tu es flemmard !
(Ignis) On peut se concentrer sur notre tâche ?
(Noctis) Laisse-moi conduire Ignis !
(Gladiolus) Mais tu étais au volant il n’y a pas 5 minutes !
(Prompto) C’est vrai ça, c’est mon tour maintenant !
(Ignis) C’est beau de rêver !
(Prompto) Oh, j’ai trop mal aux mains !
(Gladiolus) Hé ! Tu veux la mienne sur la tronche ?
(Prompto) Calme-toi, c’est bon !
(Noctis) Alors, toujours rien ?
(Ignis) Occupé à chaque appel.
(Prompto) Attendez, je l’ai pas rêvé ! C’était pas censé être si loin que ça !
(Ignis) Je t’assure que la carte est correcte.
(Noctis) Elle indiquait qu’Hammerhead était à deux pas.
(Prompto) Ben ouais, pas loin du tout !
(Gladiolus) Ha ! La prochaine fois vérifie l’échelle…

(Noctis) Je vois. Le monde est plus grand qu’on l’imagine.
(Ignis) Et plein de merveilles aussi.
(Prompto) Pouah ! Ça me fait une belle jambe !
(Gladiolus) Vous êtes sûrs que vous poussez ?
(Prompto) De toutes mes forces !
(Noctis) Comme j’ai jamais poussé…
(Ignis) On ne devrait plus être très loin.

Les inégalités hommes-femmes dans le monde du travail

▶Apprendre du vocabulaire de base lié au travail
▶Connaitre les (la?) causes des inégalités hommes-femmes au travail

Sommaire

  1. Vidéo
  2. Transcription
  3. Questions
  4. Réponses aux questions de compréhension (page 2)

Vidéo

Sous-titres : français, anglais, japonais

Transcription

Vocabulaire important : verbes noms, adjectifs, etc

(Prologue)

Un lion voyageait un jour avec un homme. Ils se vantaient à qui mieux mieux, lorsque sur le chemin ils rencontrèrent une stèle de pierre qui représentait un homme étranglant un lion. Et l’homme la montrant au lion dit : « Tu vois comme nous sommes plus forts que vous. » Le lion répondit en souriant : « Si les lions savaient sculpter, tu verrais beaucoup d’hommes sous la patte du lion. »

Ésope, 6e siècle avant Jésus-Christ

Aujourd’hui en France, travailler s’avère toujours plus difficile pour une femme que pour un homme. Accès à l’emploi, rémunération, responsabilités, promotions… les inégalités persistent dans tous ces domaines.

La loi sur la Parité qui a été élaborée à partir de 2000, bien qu’apportant une véritable amélioration au milieu du travail, semble impuissante à supprimer complètement les inégalités qui touchent les femmes.

Les femmes sont toujours orientées vers des professions moins rémunératrices que les hommes, et en plus elles ne bénéficient pas du même salaire en faisant le même travail qu’un homme.

En effet, dans nos sociétés patriarcales, l’identité et la valeur des hommes est fortement définie par leur travail. Par conséquent, il semble socialement plus acceptable qu’un homme privilégie son travail plutôt que sa famille, et il s’ensuit l’inverse pour une femme.

D’autre part, les femmes doivent faire face au « plafond de verre », cette frontière invisible qui les empêche d’atteindre les niveaux supérieurs des hiérarchies politiques, économiques et scientifiques.

Premièrement, c’est elles qui doivent s’éloigner de leur travail pendant la grossesse et l’accouchement, alors que les hommes peuvent continuer à faire des heures supplémentaires.

Ensuite, les hommes s’occupent généralement beaucoup moins que les femmes des enfants ou des tâches ménagères. Comme s’occuper seul(e) de jeunes enfants est pratiquement équivalent à exercer un emploi à plein temps, une mère professionnellement ambitieuse devrait accomplir l’équivalent de deux emplois à plein temps pendant de nombreuses années.

Enfin, même sans enfant, les femmes sont victimes de discriminations souvent basées sur des stéréotypes de genre.

Valeurs sociales, éducation, répartition des tâches, stéréotypes… les multiples causes qui expliquent la situation difficile des femmes peuvent finalement être ramenées à une seule : les hommes !

S’il est difficile pour les femmes de s’intégrer et de s’épanouir dans le monde du travail, c’est que celui-ci est géré et réglementé majoritairement par des hommes. Et ceux-ci modèlent le monde du travail trop souvent à leur image.

La Nature a doté les femmes d’une force et d’une intelligence égales aux hommes. Non seulement elles ont supporté jusqu’à aujourd’hui le fardeau que leur ont imposé les hommes, mais elles parviennent peu à peu à transformer la société et à éduquer les hommes.

Mais les hommes ne sont pas inférieurs aux femmes. Ils sont audacieux et attirés par l’aventure et l’inconnu. Beaucoup arrivent à se libérer progressivement de leurs chaînes idéologiques et participent à l’émancipation de la deuxième moitié de l’humanité.


(Épilogue)

Une femme se promenait un jour avec un homme. Ils se vantaient à qui mieux mieux, lorsque sur le chemin ils rencontrèrent un monument représentant Marianne, la liberté, l’égalité et la fraternité. Et l’homme le montrant à la femme dit : « Et bien tu vois comme on respecte ces valeurs ? » La femme répondit en souriant : « Ce serait encore mieux si vous pouviez les mettre en pratique… »


Questions

Questions de compréhension

  1. Comment appelle-t-on la barrière invisible qui rend faible le nombre de femmes dans les emplois à haute responsabilité et haute rémunération ?
    a) le mur de verre
    b) la pantoufle de verre
    c) le plafond de verre
  2. En France, quelle est la loi qui tente de briser cette barrière invisible ?
    a) la loi Travail
    b) la loi Macron
    c) la loi sur la Parité
  3. Est-elle efficace ?
    a) non
    b) oui
    c) oui, mais elle est insuffisante
  4. De quelles inégalités sont encore victimes les femmes dans le monde du travail ?
    a) des stéréotypes de genre
    b) de la répartition inégale des tâches domestiques (enfants et ménage)
    c) des valeurs sociales qui favorise les hommes dans les postes à responsabilité
    d) de l’éducation qui oriente les hommes et les femmes vers des carrières différentes
    e) toutes les inégalités ci-dessus (a-d)
  5. Qu’est ce qui cause les inégalités entre les hommes et les femmes dans le monde du travail ?
    a) Les femmes ne sont pas aussi productives que les hommes
    b) Les femmes sont plus efficaces pour s’occuper des enfants et de la maison
    c) Les personnes qui choisiraient la réponse a) ou b) à cette question !

Vous trouverez les réponses page 2 !

Pour le débat et la discussion

  1. Présentez les chiffres des inégalités entre hommes et femmes dans votre pays.
  2. Quelles sont les mesures prises par votre gouvernement pour lutter contre ces inégalités au travail ?
  3. Quels sont les actions entreprises par les citoyens pour changer la société et les lois de votre pays afin d’obtenir plus d’égalité ?
  4. Connaissez-vous des histoires qui éclairent sur les inégalités sociales comme la fable L’homme et le lion voyageant de compagnie d’Ésope citée dans la vidéo ?
  5. Pourquoi les hommes sculptent-ils des allégories de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, ou de la justice sous forme de femmes et non pas sous forme d’hommes ? (la réponse est dans la question ;p )

Pour aller plus loin

Le mont Saint-Michel

▶ Découvrir l’histoire du Mont-Saint-Michel
▶ Apprendre du vocabulaire en lien avec l’architecture

Sommaire

  1. Vocabulaire
  2. Vidéo
  3. Transcription
  4. Questions
  5. Réponses aux questions de compréhension (page 2)

Vocabulaire

une égliselieu de réunion des croyants (les fidèles). Elle est en générale constituée d’une nef, d’un transept et d’un chœur, et surmontée par un clocher
une chapellepetite église ou petite salle le long de la nef d’une église
une cathédralel’église de l’évêque d’un diocèse (une région administrée par un évêque)
un monastèreétablissement religieux rassemblant des moines ou des moniales suivant une « règle » (la règle de Saint-Benoît pour les moines des monastères bénédictins)
une abbayeun grand monastère disposant d’une autonomie juridique et dirigé par un abbé ou une abbesse
gagner en importancedevenir plus important
faire amende honorablereconnaître ses tords et s’excuser
mettre en chantier (qqch)engager = débuter = s’atteler à = engager = commencer
un lieu de détention = un établissement pénitentiaireune prison
compenser (par/avec)équilibrer
reposer sur = être soutenu pars’appuyer sur
l’ordre des bénédictinsun ordre religieux suivant la règle de Saint Benoît (Sanctus Benedictus)
le scriptoriumdans un monastère, lieu où les moines écrivent et copient les manuscrits

Vidéo

Sous-titres : français, anglais, japonais

Transcription

Le mont Saint-Michel, classé sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979, est le plus important site touristique français hors de Paris et Versailles.

Le mont accueille 3 millions de touristes chaque année, et l’abbaye qui se trouve à son sommet voit passer entre ses murs environ 1 million de visiteurs par an.

Le prestige du mont Saint-Michel s’explique par trois aspects qui s’influencent mutuellement : sa situation géographique, son histoire, et son architecture.

1. Géographie

Le mont Saint-Michel se trouve au nord-ouest de la France, à la frontière entre la Bretagne et la Normandie.

La commune du Mont-Saint-Michel comprend un territoire sur le continent et un îlot rocheux coiffé par la célèbre abbaye. C’est ce rocher, sur lequel un culte est dédié à l’archange Saint-Michel depuis le 8e siècle, qui a donné son nom à la fois à la commune et à la baie toute entière.

On accède au rocher montois par un pont-passerelle, puis il faut gravir la rue principale du village pour arriver à l’abbaye. Si on veut éviter un tant soit peu la foule, on peut aussi passer par les ruelles ou bien par les remparts qui longent le côté est. Une fois dans l’abbaye, l’ascension continue, jusqu’à arriver à l’église qui couronne ce chef d’œuvre architectural.

2. Histoire

Personne ne peut dire précisément quand est-ce que l’îlot appelé le Mont Tombe est devenu un lieu sacré mais il l’était déjà avant que ne commence son histoire chrétienne.

Selon la tradition, en 708, l’archange Saint-Michel serait apparu par trois fois à l’évêque d’Avranches, Aubert, pour lui ordonner de construire un oratoire sur le Mont Tombe. Aubert y installe donc une collégiale de chanoines chargée de répandre la foi chrétienne.

En dépit de sa dangerosité d’accès, le lieu gagne en importance, les pèlerins y affluent, et une petite communauté villageoise s’installe auprès des religieux.

En 966, le duc Richard Ier de Normandie chasse les chanoines pour donner le mont à des moines de l’ordre des Bénédictins. Ceux-ci s’y installent et grâce aux dons du duc, construisent une nouvelle église et une chapelle.

Cependant, les bâtiments s’avèrent bientôt trop petits pour recevoir les nobles et les pèlerins venus de très loin pour visiter ce lieu consacré à Saint-Michel. Toujours soutenu financièrement par les ducs de Normandie, anciens vikings installés en France et futurs conquérants de l’Angleterre, les bénédictins vont entamer la construction d’une grande abbaye au XIe siècle.

Le projet est ambitieux : la nouvelle église dépasse en superficie le sommet du rocher montois. Le bâtiment religieux repose donc en partie sur le rocher, la croisée du transept, et en partie sur un soutènement constitué principalement de 4 cryptes, dont l’une est l’ancienne chapelle préromane construite au Xe siècle et toujours visible de nos jours : Notre-Dame-sous-Terre.

Pendant les XIe et XIIe siècles, on construit ainsi l’abbaye romane constituée de bâtiments monastiques fortifiés entourant l’église.

Ces constructions subissent à plusieurs reprises des dégâts dû à des défauts de construction, des tempêtes ou à la foudre qui provoque des incendies…

Mais le mont n’est pas non plus épargné par les guerres.

Au début du XIIIe siècle, de grands dommages sont causés lors d’une tentative d’invasion armée des troupes bretonnes alliées à Philippe Auguste, qui cherchent à reconquérir les territoires que le roi d’Angleterre Jean sans Terre, descendant des ducs de Normandie, possède alors en France.

Les troupes bretonnes, qui n’arrivent pas à prendre l’abbaye fortifiée, incendient le village alors situé au nord de l’île avant de s’en aller. Le feu se propage au-delà des fortifications et détruit une grande partie du monastère.

Philippe Auguste, après avoir réussi à s’emparer des terres de son rival, cherche à faire amende honorable. Il soutient un nouveau projet de reconstruction au nord de l’église qui est alors mis en chantier.

La nouvelle construction, appelée « la Merveille », consiste en trois bâtiments de chacun trois étages, alignés d’est en ouest, et de style gothique. Le bâtiment le plus à l’est est construit en premier. L’étage inférieur sert à accueillir les pèlerins, l’étage directement supérieur sert à recevoir les nobles, et le dernier étage sert de réfectoire aux moines. Les trois étages du deuxième bâtiment de la Merveille servent, de bas en haut, d’entrepôt à provision, de salle de travail ou « scriptorium », pour les moines, et enfin de cloître.

Le troisième bâtiment du projet ne sera quant à lui jamais construit. A la place, le village concentré au sud-est est fortifié pour protéger l’accès à l’abbaye.

En effet, entre les XIIIe et XVe siècles, le mont Saint-Michel se trouve au cœur des conflits qui opposent les royaumes de France et d’Angleterre et qui vont culminer pendant la guerre de Cent-Ans, entre 1337 et 1453. Des fortifications de plus en plus étendues sont donc construites pour protéger l’abbaye et le village des assauts des forces anglaises, faisant du mont Saint-Michel l’une des rares places fortes qui résistent avec succès aux armées anglaises dans le nord-ouest de la France.

Ces remaniements dans la défense du mont ont des conséquences sur la route empruntée par les pèlerins. Ceux-ci qui jusqu’au XIIe siècle longeaient le côté nord ou le côté sud du mont avant d’arriver à l’église par l’ouest, doivent dorénavant entrer dans l’abbaye par l’est, en gravissant la rue principale du village, continuant vers un nouveau bâtiment d’entrée où se trouve la salle des gardes et un tribunal, et achevant leur ascension du mont par le long escalier à ciel ouvert appelé le « Grand degré ».

Le 20 septembre 1421, le chœur de l’église s’effondre. Nous sommes toujours dans la guerre de Cent Ans et ce n’est qu’à la fin de celle-ci que les travaux de reconstruction pourront s’achever. Comme la crypte orientale qui soutenait le chœur n’est pas détruite, elle est renforcée, gagnant son nouveau nom de « crypte des gros piliers », pour soutenir les colonnes du chœur gothique flambant neuf de 25 mètres de haut, élancé et lumineux. Le chœur de l’église est également soutenu à l’extérieur par des arcs-boutants, qui compensent avec grâce la poussée exercée sur les voûtes.

En août 1776, un incendie créé des dommages irréversibles dans la nef de l’église et la partie occidentale est abattue. On construit alors une nouvelle façade, de style classique cette fois, pour fermer l’église, qui est donc plus courte qu’à l’origine.

Depuis le XVe siècle, sous Louis XI, l’île fortifiée coupée du continent servait de lieu de détention pour des prisonniers politiques. Mais de la Révolution française jusqu’en 1863, le mont Saint-Michel sera utilisé exclusivement comme prison d’État, et sera parfois surnommé la « Bastille des mers ».

La grue à treuil que l’on peut voir lors de la visite est un témoin de cette époque où demeurait dans les cellules du mont Saint-Michel plusieurs centaines de prisonniers.

Au XIXe siècle, des personnalités engagées comme Prosper Mérimée ou Victor Hugo militent pour la conservation du patrimoine architectural français, et d’abord pour le sauvetage des monuments religieux du Moyen Âge, saccagés par les mouvements de déchristianisation pendant la Révolution puis laissés à l’abandon. En 1863, sous Napoléon III, l’îlot cesse enfin d’être un établissement pénitentiaire, et en 1872, le gouvernement de la IIIe République engage la restauration du Mont-Saint-Michel. Celui-ci est classé « monument historique » en 1874. Trois architectes vont successivement diriger les travaux. Ils sont tous disciples directs ou indirects d’Eugène Viollet-le-Duc, l’architecte qui a dirigé la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris entre 1844 et 1864.

Le premier à s’atteler à la tâche est Édouard Corroyer. Il amène avec lui sa femme de chambre, Anne Boutiaut, qui tombe amoureuse et se marie avec le fils du boulanger du Mont, Victor Poulard. Le couple s’installe sur le Mont avec la bénédiction de Corroyer et y ouvrent une auberge. Anne Boutiaut, qu’on appelle alors la « mère Poulard », y régale les voyageurs affamés d’un accueil chaleureux et d’une spécialité rapide à cuisiner : les omelettes.

Sous la direction de Corroyer, la construction d’une digue destinée à relier le Mont au continent débute. Auparavant, les voyageurs venaient du nord, de Genêts près d’Avranches, et traversaient la baie à marée basse dans des calèches appelées « maringotes », ou à pied, en passant par l’îlot de Tombelaine. La nouvelle digue dont les travaux s’achèvent en 1879 amène dorénavant les voyageurs depuis le sud, et à toute heure. En effet, le flux des voyageurs n’est plus interrompu par les marées hautes pendant lesquelles la mer vient entourer les remparts. C’est depuis cette époque, qui voit également le développement du chemin de fer et de la photographie, que le Mont devient une grande destination touristique.

Le second architecte en charge des travaux de rénovation est Victor Petitgrand. C’est à lui que l’on doit, entre autres, la nouvelle flèche néo-gothique du Mont-Saint-Michel, qui ressemble beaucoup à celle qu’a construite son mentor Viollet-le-Duc à Notre-Dame de Paris. Pour coiffer l’abbaye de cette nouvelle flèche qui culmine à plus de 150 mètres au-dessus du niveau de la mer, il démonte et reconstruit à neuf la croisée du transept et ses grandes colonnes.

Enfin, le troisième architecte, Paul Gout, s’opposant aux idées de ses prédécesseurs, s’efforcera de restaurer le Mont tout en conservant son authenticité historique, c’est-à-dire en reconstituant et renforçant l’édifice sans ajouter de nouvelles constructions. Il est aussi l’auteur d’un ouvrage de référence sur l’histoire du Mont-Saint-Michel.

Les rénovations sur le Mont se sont poursuivies tout au long du XXe siècle. A ce jour, le dernier épisode de cette épopée architecturale est le rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel. En effet, depuis la fin du XIXe siècle et la construction d’un barrage et de plusieurs digues, l’ilot montois n’avait plus été entouré par la mer. Pire, la baie où trône le mont Saint-Michel s’était même ensablée.

Entre 2005 et 2015, des travaux ont remplacé la digue par un pont-passerelle de 760 mètres, et ont installé un barrage sur le Couesnon chargé de déverser de gros volumes d’eau pour repousser les sédiments qui s’amassent au sud de l’îlot montois et désensabler la baie. Ainsi, en allant aujourd’hui visiter le mont Saint-Michel, son abbaye et sa baie, on peut admirer une merveille architecturale et une merveille naturelle, vivant en symbiose depuis plus de 1300 ans.

3. Influence dans les arts

Grâce aux efforts humains et à la clémence de la nature, le mont Saint-Michel a pu rester tel qu’il frappe encore l’imagination du pèlerin contemporain, et nombreux sont les artistes qui ont trouvé en cette œuvre conjuguée de la nature et de l’art une source d’inspiration.


Questions de compréhension

  1. Combien y a-t-il de visiteurs chaque année au Mont-Saint-Michel ?
  2. Selon la tradition, quelle est l’année de fondation du Mont-Saint-Michel en tant que sanctuaire chrétien ?
  3. Combien de cryptes soutiennent l’église ?
  4. Quels sont les différents styles architecturaux des bâtiments qui composent l’abbaye du Mont-Saint-Michel ?
  5. Vrai ou faux ? Le Mont-Saint-Michel a toujours servi de lieu de culte chrétien.
  6. En quelle année le Mont-Saint-Michel a été classé « monument historique » ?
  7. Complétez avec les directions cardinales : Autrefois, les pèlerins accédaient au Mont-Saint-Michel par ______ et entraient dans l’abbaye par __________, mais aujourd’hui, on arrive au Mont par _________ et on entre dans l’abbaye par _______ .
  8. Qui a été chargé de la construction d’une digue reliant le continent à l’ilot du Mont-Saint-Michel ?
  9. Qui a construit la flèche que l’on voit de nos jours ?
  10. Qui a écrit un livre de référence sur l’histoire du Mont-Saint-Michel ?
  11. Vrai ou faux ? Aujourd’hui, le Mont-Saint-Michel n’est plus entouré par la mer.
  12. Donnez le nom des endroits ou parties de l’église numérotés ci-dessous.
    1.
    2.
    3.
    4.
    5.
    6.
    7.
    8.
    9.

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La musique française

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🆙 Dernière mise à jour le 16 juillet 2021

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Serge GainsbourgJe suis venu te dire que je m’en vais
Pierre BacheletLes corons
Pierre PerretLe zizi (ou l’éducation sexuelle à l’école)
Alain BashungImmortels
Amélie les crayonsTa p’tite flamme
Les ogres de barbackP’tit coeur
Tête raide Notre besoin de consolation est impossible à rassasier
Yves JamaitDijon
Les fatals picardsMon père était tellement de gauche
JanieMon idole
Vincent DelermUn temps pour tout

Rock

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Johnny Halliday Que je t’aime (live)
Johnny Halliday Allumer le feu
IndochineL’aventurier
TéléphoneUn autre monde
Noir DésirL’homme pressé
Noir DésirUn jour en France
Jean-Jacques GoldmanJe marche seul
Jean-Jacques Goldman / Michael JonesJe te donne
-M-Qui de nous deux
Louise AttaqueLéa
MatmatahLambé An Dro

Reggae / folk / tzigane

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Bernard Lavillier (avec Jimmy Cliff)Melody Tempo Harmony (français, anglais)
Tonton DavidChacun sa route
PierpoljakPierpoljak
TryoL’hymne de nos campagnes
SinsemiliaTout le bonheur du monde
La rue kétanouLes hommes que j’aime

Boys band

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2be3Partir un jour
AlliageBaila
Poetic loverPrenons notre temps Darling, Faisons l’amour ce soir
G-SquadRaide dingue de toi
Pow Wow (chant a capella)Le chat
Pow Wow (chant a capella)Le lion est mort ce soir (live) (reprise d’Henri Salvador, reprise de The tokens (anglais), reprise de Solomon Linda (Afrique du Sud/Zoulou) )

Rap / Hip-hop

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MC SolaarBouge de là
AssassinL’odyssée suit son cours
IAMJe danse le Mia
IAMNés sous la même étoile
IAML’empire du côté obscur
Shurik’nSamouraï
Suprême NTMLaisse pas trainer ton fils
OrelSan et StromaeLa pluie
OrelSan et GringeIls sont cools
OrelSan et GringeInachevés
OrelSanParadis
ManauLa tribu de Dana
Passi, CalogeroFace à la mer

Metal

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SortilègeMétamorphoseheavy metal/death metal
ManiganceLarmes de l’universpower metal
HeavenlySpill blood on fire power metal
PleymoModdadictionnu metal
The Old Dead TreeIt can’t be Heavy metal/death metal gothique, anglais
LoudblastCross the threshold old school death metal, anglais
DagobaThe great wondergroove/industrial metal, anglais
GojiraAmazoniaprogressive heavy/ death metal, anglais
DagobaIt’s all about time (live)groove/industrial metal, anglais
GojiraThe gift of guilt (live)progressive heavy/death metal, anglais
Rise of the NorthstarNekketsuheavy/hardcore, anglais/japonais
Rise of the NorthstarPhoenixheavy/hardcore, anglais, sous-titres japonais
SethHymne au vampire (acte I)black metal
Anorexia NervosaSister September (live) black metal, anglais
Blud aus Nord…the meditant (dialogue with the stars) black metal experimental (anglais)
BelenosMorfondu black metal, français/anglais
AlcestOiseaux de proie post-black metal, français/anglais
IgorrrieuD black metal/breakcore
IgorrrCheval folk/breakcore
CélesteEn troupeau des louves en trompe l’œil des agneauxhardcore
S-CoreIn memoriam Heavy/thrash metal, anglais
ScarveIrradiant (live) Technical Death metal, anglais

Punk Rock

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Tagada JonesJe suis démocratie
Mano NegraMala vida (espagnol)
Berurier noirPorcherie

Électro

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Emilie SimonAlicia
M83Atlantique Sud ft. Mai Lan
Daft PunkOne more time
Arnaud RobotiniAnother Place, Another Time
JusticeGenesis
Carpenter BrutTurbo Killer
VitalicPoison lips
David GuettaBang my head
David GuettaFlames
CassiusI love u so
DJ CamUnderground
DJ SnakeMagenta Riddim
High ToneDehli, Katmandu
ElephanzJe n’ai jamais

Artistes québécois (Québec/Canada)

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Gilles VigneaultMon pays
Gilles VigneaultGens du pays
Cœur de pirateComme des enfants
Linda LemayAu nom de toutes les frustrées
Mes aïeuxDégénérations
Lara FabianJe suis malade
Céline DionUne colombe
Céline Dion (avec Jean-Jacques Goldman)Pour que tu m’aimes encore
Diane TellSi j’étais un homme

Musique traditionnelle – Bretagne / celtique

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Alan StivellTri Martolod français/breton
Alan Stivell et Nolwenn LeroyBrian Boru (live)français/breton
Nolwenn LeroyLa jument de Michao
Dan Ar BrazSuite pour cornemuse et guitare🎻
Ar Re YaouankM-A-L (an dro)🎻
Istan TrioKeklik İdim Vurdular🎻
Yann TiersenPorz Goret🎻

Musique d’inspiration médiévale

Luc Arbogast (& Nederlands Blazers Ensemble)Cancion sefaradi

Musique de la Renaissance

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Ensemble Clément JanequinSermisy – Tant que vivray
Ensemble Amarcord, paroles de César Geoffray, 1949Pierre Attaingnant (musique) Tourdion – Quand je bois du vin clairet

Musique baroque

Les Arts FlorissantsJean-Baptiste Lully (1632 – 1687) Armide/Passacaille

Musique classique

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Didier Benetti / Ballet De l’Opéra Grand Avignon et l’Orchestre Philharmonique de Monte CarloJacques Offenbach (1819-1880) – Orphée aux enfers – galop infernal
Myung Whun-Chung / Orchestre Philharmonique de Radio FranceGeorges Bizet (1838-1875) – Ouverture de Carmen
Claudio Abbado / Lucerne Festival OrchestraClaude Debussy (1862-1918) – La mer
Mikko Franck / Orchestre Philharmonique de Radio FrancePaul Dukas (1865-1935) – L’apprenti sorcier
Lionel Bringuier / Orchestre Philharmonique de Radio France Maurice Ravel (1875-1937) – Boléro

Jazz

Écouter la playlist sur YouTube

Django Reinhardt (guitariste)Body and Soul
Serge GainsbourgDu jazz dans le ravin
Charles AznavourPour faire une jam
Cyrille Aimée (chanteuse) ( avec Diego Figueiredo)Que reste-t-il ?

Les masques

▶Réfléchir sur les usages du masque

Sommaire

  1. Vidéo
  2. Transcription
  3. Questions
  4. Aller plus loin
  5. Réponses aux questions de compréhension (page 2)

Vidéo

Transcription

Vocabulaire important : verbes noms, adjectifs, etc


Pour les Français, le masque a une connotation fortement négative. Le masque symbolise la maladie ou le danger. Personne en France ne portait un masque avant l’épidémie de COVID-19 à part les médecins.
Ensuite, cachant le bas du visage, le masque gêne la communication orale et la transmission des émotions.

Enfin, le gouvernement français, au début de la pandémie, en mars et en avril 2020, a fait croire que le masque était inutile pour se protéger des maladies. En effet, les autorités françaises déconseillaient le port du masque pour le public, et sont même allées jusqu’à interdir leur achat à la population.

Les masques sont inutiles si vous n’êtes pas malade, si vous n’avez pas été personne-contact, proche de personnes malades.
J’insiste : l’usage du masque en population générale n’est pas recommandé et n’est pas utile.
Je pense qu’il y a un consensus très clair aujourd’hui pour dire : il faut surtout pas avoir de masques pour le grand public, ça n’a pas d’intérêt et c’est même presque faussement protecteur.
Nan, les Français ne pourront pas acheter de masques dans les pharmacies parce que ce n’est pas nécessaire quand on n’est pas malade.

Pourtant, le masque est utile dans de nombreuses situations.

Par exemple, en hiver il sert à se protéger des virus et des maladies. Et inversement, il sert à protéger les autres si l’on est soi-même malade et qu’on ne peut s’empêcher d’éternuer par exemple.
Mais il peut servir aussi plus simplement à se protéger le visage du vent froid qui souffle pendant l’hiver.
Au printemps et en automne, ceux qui sont sensibles ou allergiques au pollen peuvent également le porter pour atténuer leur désagrément.
On peut le porter pour éviter de se maquiller.
Mais on peut également le mettre dans l’avion pour se protéger le nez et la gorge de la sécheresse due à l’air climatisé.

Et vous, quand est-ce que vous portez un masque ?

Questions

Question de compréhension

  1. Quels sont les différents usages possibles pour le masque cités dans la vidéo ?

Vers le débat et la discussion

  1. Connaissez-vous d’autres usages possibles du masque ?
  2. On ne peut pas dire que le masque soit véritablement agréable à porter en toutes circonstances… Qu’est-ce qui peut être désagréable quand on porte un masque ?
  3. Que pensez-vous du discours des autorités françaises déconseillant le masque au début de l’épidémie (fin février/début mars 2020) ?
  4. Présentez la situation de l’épidémie dans votre pays, ainsi que l’attitude de la population à l’égard du masque et des mesures prises par le gouvernement.

Aller plus loin :

Article du New York Times qui explique comment fonctionnent les masques (en français) : https://www.nytimes.com/fr/interactive/2020/11/11/science/masques-contre-covid.html

Interview : Traduire des mangas

▶Découvrir le métier de traducteur
▶Connaître quelques grandes différences entre le français et le japonais
▶S’intéresser à la situation du manga en France
▶Grammaire : la question rhétorique

Sommaire

  1. Vocabulaire
  2. Grammaire
  3. Vidéo
  4. Transcription
  5. Questions
  6. Réponses aux questions de compréhension (Page 2)

Vocabulaire

une interview
(attention : on dit « un entretien » pour le travail)
un traducteur, la traduction, traduire
un éditeur
un graphiste
un relecteur
un adaptateur
être indépendant, l’indépendance, (adj.) ~indépendant(e)
l’autonomie, être autonome, travailler en autonomie
(= tout seul)
l’isolement, être isolé
(= être coupé des autres)
être à l’aise (avec, dans)…
(= être confortable)
la cohérence, (adj.) cohérent(e)
(adv.) notamment, surtout, en particulier
(adv.) probablement
(adv.) effectivement
(adj.) ~spécifique
la paperasse
une déclaration (faire~)
pardon
(utilisé pour se corriger soi-même) Ex : « J’ai un chien… un chat, pardon. » ou bien « J’ai un chien… pardon, un chat ! »

Un point de grammaire

Procédé stylistique : la question rhétorique

La question rhétorique est une question à laquelle on répond en général soi-même. C’est une question purement formelle, ce n’est pas une vraie question posée à celui avec qui on parle.
Cela sert à captiver l’attention de l’interlocuteur (ou des auditeurs).

Exemples tirés de l’interview :

  1. Qu’est-ce que ça veut dire être traducteur indépendant ? Ça veut dire…
  2. Concrètement comment ça se passe ? Une fois que j’ai pris contact avec un éditeur….
  3. Pourquoi ? Pour que…

Vidéo

Sous-titres : français, anglais, japonais

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Transcription

Bonjour Alexandre !

Alexandre Goy : Bonjour.

Question 1 (0 : 17)

Alors, tu as obtenu ton doctorat en Études japonaises, et maintenant tu es traducteur indépendant. Peux-tu nous apprendre quels sont les différents aspects de ton travail, puis quels sont, pour toi, les avantages de ton métier, mais aussi ses facettes plus contraignantes ?

A. : Bien sûr ! Alors, je suis traducteur indépendant. Qu’est-ce que ça veut dire être traducteur indépendant ? Ça veut dire travailler en autonomie totale, c’est-à-dire que la plupart du temps, je suis chez moi ou à la bibliothèque, je travaille dans mon coin sur les différents éléments que me fournissent les éditeurs, en l’occurrence. Les éditeurs, avec qui je travaille sur des mangas, sur des romans, des light novels, et qui me demandent donc de traduire du japonais au français ces différentes histoires.

Être en autonomie, ça ne veut pas dire être totalement isolé. Un travailleur, un traducteur indépendant pardon, va travailler avec des partenaires en plus de l’éditeur. En règle générale, il s’agit de graphistes, c’est-à-dire les personnes qui vont mettre dans les bulles, dans les cases, les traductions que je vais faire du matériel original, et des relecteurs, qui vont s’assurer qu’il n’y a pas de fautes dans mon français, parfois aussi des adaptateurs, qui vont eux regarder la cohérence globale de la traduction pour s’assurer que le lecteur francophone ne… soit totalement à l’aise avec ce qui est dit dans le manga ou dans le roman.

Concrètement comment ça se passe ? Une fois que j’ai pris contact avec un éditeur, si celui-ci a besoin de moi, il m’enverra soit par la poste les ouvrages originaux, donc en règle générale des mangas ou des romans, soit par mail des versions numériques, donc des romans scannés, des mangas scannés. Une fois que je reçois le matériel de base, je dois passer par différentes étapes. Première étape dans le cas d’un manga par exemple, je dois indexer les différentes pages. Indexer, cela veut dire que je vais numéroter chacun des dialogues, numéroter chacune des bulles, mais aussi numéroter chacune des onomatopées que je vais traduire par la suite. Pourquoi ? Pour que les graphistes notamment puissent associer ma traduction à un numéro et le reporter facilement sur la planche au milieu du dessin.

Pour un manga, restons sur l’exemple du manga, en règle générale, 200 pages de manga sont traduites entre 28 et 42 heures de travail effectif. Alors pourquoi un si large éventail de temps ? Parce qu’il arrive parfois que je sois amené à faire des recherches. Certains mangas abordent des sujets spécifiques, comme par exemple la justice. Si un manga met en scène un avocat, je dois m’assurer de connaître le vocabulaire spécifique à ce métier, spécifique à ce domaine, pour faire parler, pour faire parler le personnage comme si c’était un avocat français. C’est une étape qui demande énormément de temps, d’implication, et de travail évidement, et qui arrive en règle générale suite à une lecture complète du manga pour s’assurer que j’ai bien assimilé l’ensemble des informations contenues dans le manga.

Ensuite, les horaires que j’applique à mon travail quotidien sont bien sûr libres puisque je suis indépendant, mais en règle générale, comme il y a une date de rendu déterminée avec l’éditeur, je dois m’assurer d’avoir fini mon travail dans les temps. Donc, la plupart du temps, je travaille 8 à 9 heures par jour, tout au long de la semaine.

Ensuite, mon travail de traducteur indépendant ne se limite pas malheureusement à l’unique traduction. Je dois aussi m’assurer de tout ce qui est administratif autour de mon activité, donc toute la paperasse qui est liée aux contrats, au suivi des factures, mais aussi aux relations avec l’administration française pour notamment des déclarations. Cet aspect-là de mon travail fait partie, je dirais, des facettes les plus rebutantes comme tu le disais. Il y en a d’autres aussi : des fois, on peut se retrouver en tant que traducteur isolé, c’est-à-dire qu’on est tellement pris par son travail, c’est probablement vrai pour d’autres travaux, mais quand on est seul devant son écran à travailler la traduction, et bien on, finalement, on se coupe un petit peu des autres activités, notamment des activités sociales, et ce sont surtout mes amis qui se plaignent de me voir le moins, de moins en moins.

Par contre, il y a de grands avantages à faire ce métier, notamment tout ce qui implique la liberté créatrice. On peut mettre à profit sa créativité naturelle dans le manga de la traduction… dans le métier de la traduction, pardon. Ça nous ouvre également à différents univers, des univers culturels que nous ne maitrisons pas forcément tout de suite, mais qui nous permettent aussi de changer notre vision sur le monde. Par exemple, j’ai travaillé sur des mangas qui parlent de handicap, j’ai travaillé sur des mangas qui parlent de l’univers du cinéma, j’ai travaillé sur des mangas aussi fantastiques qui mettent en lumière certains éléments de la culture populaire japonaise, et qui sont formidables à découvrir.

Question 2 (6:41)

Quelles sont les principales difficultés que tu rencontres lorsque tu traduis en français ce qui est exprimé en japonais ? Peux-tu nous apprendre quelles sont les grandes différences entre le japonais et le français ?

A. : Alors effectivement, il y a de nombreuses différences entre le français et le japonais, à savoir que les règles qui vont prédominer dans mon travail ce seront celles imposées par le français évidemment, vu que la langue cible est le français et qu’il faut que je m’assure que nos lecteurs francophones soient tout à fait à l’aise avec ma traduction.

Les principales règles qui sont imposées par le français sont notamment la morphologie de la phrase, la construction grammaticale autour du sujet, alors qu’en japonais souvent on estime que la phrase elle se construit autour du prédicat. Donc il y a une véritable opposition entre l’importance du sujet qui est en français, et l’importance de l’information en japonais.

En français, un énoncé strict est souvent construit autour d’un sujet, (d’un) verbe et d’un complément, alors qu’en japonais, l’énoncé minimal complet lui peut se réduire à un seul mot, que ce soit un nom, un pronom, un mot de qualité*. Et cela pose aussi un problème en termes graphiques, puisque du coup, et notamment dans les mangas, les bulles, des fois, sont très petites dans le format originel, parce qu’elles n’ont pas besoin d’accueillir de longues phrases, le japonais pouvant se résumer parfois à un mot, un adjectif, et rendre ce mot ou cet adjectif en français avec la construction sujet-verbe-complément est parfois compliqué ne serait-ce que pour rentrer dans la bulle en elle-même.

Par exemple, en japonais, on dit, on peut dire « samui » donc qui littéralement signifie « froid » mais qui en français devra être traduit « il fait froid » ou « j’ai froid », selon la nature du sujet et du complément. Et donc c’est compliqué parce que, il faut à la fois que le traducteur synthétise un maximum les informations contenues dans la phrase japonais, dans la phrase japonaise pardon, mais il doit quand même rendre une phrase française claire et suffisamment descriptive pour être comprise par le lecteur français. Donc ce sont des difficultés auxquelles j’ai affaire quotidiennement, et auxquelles j’ai des fois du mal à trouver des solutions.

Ensuite, en français, le sujet dans la phrase est souvent rappelé par des pronoms, et les pronoms, comme le sujet d’ailleurs, sont soumis aux catégories du genre, du nombre. Ces catégories-là ne s’appliquent pas au japonais.
Ou alors en japonais, quand il y a ce genre de précisions à donner, il est souvent donné par des procédés lexicaux, comme des suffixes, des préfixes ou des déterminants et ce sont des marqueurs qui n’existent pas en français.
Et donc il faut jongler pour refournir l’information précise au lecteur français avec les outils grammaticaux mis en place par le français. Donc c’est d’autant plus compliqué qu’en français le sujet est rappelé tout le temps et on doit connaître absolument son genre, on doit connaître son nombre. Sont-ils nombreux ? Est-il tout seul ?
Donc, tout ça se sont des choses qui s’appliquent constamment dans la phrase traduite vers le français.

En plus, en français, on a une autre difficulté, c’est que la répétition est quelque chose que l’on déteste, donc même si le sujet doit toujours être présent dans la phrase, le rappeler systématiquement c’est d’un terme… d’un point de vue stylistique, c’est habituellement peu admis, on va dire.

*Note : en français, un énoncé peut parfois se réduire à un seul mot (on appelle cela une prophrase), mais c’est généralement une réponse. Exemple :
– Comment est ce manga ?
– Excellent ! (pour : Il est excellent !)

Question 3 (11:06)

Les États-Unis ont récemment remplacé la France en tant que deuxième pays consommateur de manga. Néanmoins, la France a été pionnière dans l’importation et la traduction de mangas et d’animés. Moi, j’ai découvert les mangas au collège, avec Dragon Ball, il y a environ 25 ans. Et toi ?

A. : Et bien moi, ça devait être à peu près à la même période, au collège également. Je crois me souvenir que le tout premier manga que j’ai eu entre les mains s’appelait Appleseed. C’était un manga de Masamune Shirô, et il était édité en France aux éditions Glénat. Ça devrait être au début des années 90. Mais c’était il y a tellement longtemps que je ne me souviens même pas du contenu. Je ne l’ai pas relu récemment. Par contre, un manga, le premier manga que j’ai acheté et qui m’a accompagné jusqu’à aujourd’hui, je dirais que ce serait du même auteur que Dragon Ball, Docteur Slump de Akira Toriyama, qui met donc en scène le professeur Sembei Norimaki et son petit robot du nom de Aralé*. C’était à la fois drôle et bizarre et c’était formidable de découvrir ce manga. Par la suite, je me suis un peu plus intéressé aux mangas dans leur globalité et j’ai lu notamment le manga Fly !, en japonais il s’agit de Dai no daibôken qui est écrit par Riku Sanjô et Kôji Inada et qui est une histoire d’amitié qui est vraiment extraordinaire que j’ai beaucoup aimé. Et puis, ben, par la suite, j’ai grandi, j’ai découvert différentes choses et notamment une catégorie de manga que je ne connaissais pas encore, qu’on appelait déjà à l’époque le « shôjo manga », donc le manga destiné, dit-on, aux filles et j’ai découvert une autrice qui s’appelle Yuki Kaori avec le manga Angel Sanctuary qui m’a tenu en haleine de longues années.

* Pour les noms étrangers, parfois on ne fait pas l’élision à « de » pour que le nom soit bien audible et compréhensible. Ce qui n’empêche pas de dire « d’Akira Toriyama » et « d’Aralé » si on préfère.

Question 4 (13:44)

Et quels sont les mangas et les animés qui sont populaires en France cette année, en 2020 ?

A. : Alors c’est une question difficile à répondre pour moi parce que je suis toujours… je me place toujours, on va dire, du côté du public plus que du côté des éditeurs donc je n’ai pas les chiffres précisément à te communiquer, néanmoins en France en ce moment on voit beaucoup, beaucoup d’affiches d’un manga qu’on appelle en France Demon Slayer et qui est titré au Japon, Kimetsu no Yaiba, je crois, et en fait c’est l’illustration de ce qui marche particulièrement chez nous, c’est-à-dire plutôt des mangas et des animés orientés action.

Question 5 (14:29)

Et quel est ton ressenti sur la situation actuelle du manga en France ?

A. : C’est vrai qu’on a appris très récemment que le marché du manga en France est passé de la deuxième position à la troisième, puisque les États-Unis ont rattrapé leur retard en redécouvrant une certaine quantité de classiques dans le manga. Cependant, de mon point de vue en tout cas, de ce que je peux en voir, j’ai l’impression que la situation est encore très très dynamique en France, qu’il n’y a pas encore de soucis pour découvrir de nouveaux auteurs. La preuve en est (que) les auteurs japonais viennent régulièrement nous voir ici en France durant les conventions, durant les festivals, et le public est toujours très réceptif, j’ai l’impression, aux nouvelles œuvres, et très en demande de nouveautés. Donc je ne pense pas qu’il y aura un recul de l’activité du manga en France particulièrement.


Questions

Questions de compréhension

  1. Quelle expression synonyme de « en règle générale » est apparue dans l’interview ?
  2. Et quelle expression synonyme de « parfois » ?
  3. Et quel mot synonyme de « un travail » ?
  4. Enfin, quelles sont les deux autres expressions synonymes de « c’est-à-dire » présentes dans le texte ?
  5. La France est-elle le deuxième marché mondial des mangas avant les États-Unis ?
  6. Le « shôjo manga » est un genre de manga destiné aux garçons ?
  7. Corrigez les phrases suivantes pour qu’elles soient vraies :
    a) Le sujet d’une proposition peut être souvent omis en français.
    b) Contrairement au japonais, la répétition est admise en français.
    c) La taille des bulles des mangas est parfois trop grande pour la traduction française.
  8. Transformez ces questions rhétoriques et leur réponse en phrases simples (sans question rhétorique).
    a) Qu’est-ce que ça veut dire être traducteur indépendant ? Ça veut dire travailler en autonomie totale.
    b) Alors pourquoi un si large éventail de temps ? Parce qu’il arrive parfois que je sois amené à faire des recherches.
  9. Transformez cette phrase en question rhétorique suivie de sa réponse.
    Les principales règles qui sont imposées par le français sont notamment la morphologie de la phrase et la construction grammaticale autour du sujet.
  10. Conjuguez correctement les verbes dans les phrases suivantes :
    a) En tant que traducteur indépendant, il arrive qu’on (être) parfois isolé.
    b) Il faut adapter le texte japonais, pour que les francophones (pouvoir) bien le comprendre.

Les bonnes réponses se trouvent en page 2 !

Pour le débat et la discussion

  1. Présentez un manga que vous trouvez intéressant (vous n’êtes pas obligé de l’aimer !). Qui est le dessinateur (ou la dessinatrice) ? Le ou la scénariste ? Est-il fini ou en cours de publication ? Résumez son histoire. Parlez des personnages. Pourquoi l’aimez-vous ? Pourquoi vous ne l’aimez pas ? Est-ce qu’il a été adapté en série animée, en film ou en jeu vidéo ?
  2. Comparez un volume d’un manga japonais et un volume d’une BD franco-belge (Astérix, Tintin, Les Schtroumpfs…). Quelles sont les différences ? (Format, prix, visuel, organisation des cases, nombre de pages…)
  3. Le manga et l’animation japonaises ont beaucoup influencé la BD franco-belge actuelle. Donnez des exemples en recherchant sur internet.
  4. L’édition des mangas est très segmentée, avec pour beaucoup d’œuvres leur public assez précis, ou leur thème bien délimité. Les planches montrées dans la vidéo appartiennent par exemple à un manga qui traite de cuisine, Mister Ajikko (traduit en 2019 chez Black Box), dont l’adaptation en série animée a été diffusée sur TF1 dans les années 90 (Le petit chef). Connaissez-vous d’autres mangas qui parlent de thèmes très spécifiques, ou bien qui ciblent un public particulier ?

Les médias sociaux

▶Assimiler le vocabulaire lié aux réseaux sociaux
▶Isoler différentes thématiques concernant les médias sociaux
▶Opposer qualités et défauts des médias sociaux

Sommaire

  1. Vidéo
  2. Transcription
  3. Questions
  4. Réponses aux questions de compréhension (page 2)

Vidéo

Sous-titres : français, anglais, japonais

Transcription

Vocabulaire important : verbes noms, adjectifs, etc.


Les relations sociales ont évolué avec l’omniprésence d’Internet et du smartphone doté d’une caméra. Au cœur des nouveaux modes de socialisation se trouvent les médias sociaux, communément appelés « les réseaux sociaux ». Ces médias sociaux permettent aux utilisateurs de faire de nombreuses choses :

contacter des amis ou des entreprises, fixer des rendez-vous, informer, s’informer et réagir à l’actualité, interpeler ses amis ou le public, s’exprimer, parler de ce qu’on aime, rassurer ses proches, partager des contenus avec les autres, comme des photos, des vidéos ou des pensées personnelles, suivre des personnes connues, des personnalités, ou, au contraire, rencontrer des personnes inconnues…

Ainsi, les médias sociaux décuplent nos possibilités de communication et d’échanges humains.

En revanche, ils ne sont pas dépourvus d’effets néfastes.

D’abord, ils peuvent influencer négativement nos manières de vivre et de se conduire. On se déplace dans tel endroit, on fait telle chose, uniquement dans le but de publier des photos tendance sur Instagram ou Facebook. Par conséquent, les médias sociaux nourrissent nos penchants narcissiques et exhibitionnistes.

Puis, ils font tout pour capter notre attention le plus possible, avec leurs couleurs vives et leurs sons agréables, avec des notifications et des suggestions de contenus. Comme l’information qu’ils relaient est infinie et sans cesse mise à jour par des milliers d’utilisateurs, leur utilisation peut devenir extrêmement chronophage. On n’arrive jamais à la fin du défilement infini !

Ensuite, ils peuvent entraîner dépendance et addiction. On peut se sentir obligé de participer à toutes les discussions, de vérifier fréquemment si on n’a pas reçu de nouveau message, de commentaire ou de « j’aime » (like). Cette incertitude, ce va-et-vient entre satisfaction et frustration, peut provoquer une véritable addiction aux médias sociaux.

Et vous, êtes-vous accros aux médias sociaux ?


Questions

Questions de compréhension

  1. Quels sont les trois grands effets néfastes des médias sociaux ?
  2. Complétez le texte avec les mots suivants (faites les modifications qui conviennent) : la connexion, par exemple, sensibiliser, fréquent, se connecter, au quotidien, prendre des mesures, être, quasi, rester joignable, grâce à, d’un autre côté, de plus en plus.

    D’un côté, des médecins, des scientifiques et des organisations gouvernementales _________________________ le public sur les dangers d’une utilisation trop _________________________ des téléphones portables ou d’Internet. Mais _________________________, les institutions officielles et les entreprises demandent aussi _________________________ aux gens de _________________________ : pour les formalités administratives ou bancaires, pour le travail, ou plus récemment pour _________________________ contre le coronavirus, _________________________. Aujourd’hui, que l’on _________________________ employé ou sans-emploi, chef d’entreprise ou réfugié, le smartphone et sa _________________________ à Internet sont devenus nécessaires _________________________ pour travailler, chercher un emploi, contacter sa famille et ses amis, ou simplement _________________________. Internet et le smartphone, _________________________ leur multifonctionnalité, sont devenus des outils _________________________ indispensables dans la vie de tous les jours.

Vous trouverez les réponses page 2 !

Pour le débat et la discussion

  1. Connaissez-vous d’autres avantages et d’autres inconvénients des médias sociaux ?
  2. En quoi la personnalisation de l’expérience utilisateur sur les médias sociaux tels que Facebook ou Instagram peut-elle devenir un problème ?

Notre-Dame et Paris dans Assassin’s Creed Unity

▶Découvrir le Paris de la Révolution dans Assassin’s Creed Unity
▶Connaître des bâtiments célèbres proches de la cathédrale Notre-Dame

Sommaire

  1. Vidéo
  2. Transcription
  3. Questions
  4. Pour approfondir
  5. Réponses aux questions de compréhension (page 2)

Vidéo

Sous-titres : français, anglais, japonais

Transcription

Vocabulaire important : verbes noms, adjectifs, etc lieux célèbres


Dans cette vidéo, nous allons admirer Notre-Dame et le cœur de Paris grâce à un jeu vidéo. Certains d’entre vous le connaissent peut-être, il s’agit d’Assassin’s Creed Unity, un jeu de l’entreprise française Ubisoft, sorti en 2014.

Assassin’s Creed est une série de jeux vidéo qui prennent pour toile de fond différentes périodes de l’histoire mondiale : égypte antique, grèce ancienne, renaissance italienne… L’épisode qui nous intéresse se déroule à l’époque de la Révolution française.

Cette œuvre est une fiction, mais la reconstitution du Paris de la Révolution est étonnante de réalisme. Les créateurs n’ont toutefois pas reconstruit scrupuleusement le Paris historique, qui a d’ailleurs beaucoup évolué en ces années de grands changements, mais ils ont plutôt recréé un Paris qui condense une centaine d’années d’histoire française.

Par exemple, ici le jeu nous place en 1789, et on voit partout le même drapeau tricolore qu’on connaît aujourd’hui. Mais si les trois couleurs, le bleu, le blanc et le rouge, sont effectivement déjà associées, ce sont les couleurs utilisées par le roi comme par les révolutionnaires, cet ordre des couleurs, en trois bandes verticales, n’est fixé définitivement qu’en 1794 pour flotter sur les vaisseaux de la marine française, et ce pavillon mettra encore du temps à s’imposer comme drapeau national. De la même façon, la Marseillaise que l’on entend parfois dans le jeu n’a pas encore été écrite en 1789. Il s’agit d’un chant de guerre patriotique écrit à Strasbourg en 1792 alors que la France déclare la guerre à l’Autriche. Les Parisiens découvrent ce chant patriotique par les troupes venues de Marseille, et lui donnent le nom de Marseillaise.

Ce genre d’anachronismes a été souligné de nombreuses fois par les historiens et les professeurs, mais vu d’aujourd’hui, il faut reconnaître que la Révolution, le drapeau tricolore et la Marseillaise sont des symboles devenus impossibles à séparer.

Là, nous voyons une plaque de rue au-dessus d’une porte. En fait, ce système n’est mis en place que 40 ou 50 ans plus tard.

Donc, comme je l’ai dit plus tôt, il s’agit d’un Paris à la fois fictionnel et réel qui condense environ un siècle d’histoire.

L’un des attraits des Assassin’s Creed est de pouvoir escalader les bâtiments en toute liberté. On va donc escalader Notre-Dame, et découvrir ce Paris à la fois fictionnel et réel depuis les hauteurs de la cathédrale.

Ce faisant, on peut non seulement admirer l’architecture de la cathédrale, mais aussi contempler le paysage environnant, et chercher les bâtiments célèbres du Paris historique.

Notre-Dame se trouve au cœur de Paris, sur l’île de la Cité. On voit au fond le Palais de la cité, ancienne demeure des rois de France au Moyen Âge, et la Sainte-Chapelle construite au XIIIe s. pour conserver les reliques de la Passion du Christ que Louis IX, futur Saint Louis, s’est évertué à rassembler durant son règne, comme la couronne d’épine, la croix ou le sang de Jésus Christ.

Là, nous marchons sur la galerie peuplée par les chimères créées au XIXe siècle lors de la restauration de la cathédrale et par des gargouilles qui, elles, datent bien du Moyen Âge, et qui servent à évacuer l’eau de pluie loin des murs.

Au fond à droite, nous voyons le Palais du Luxembourg, et un peu à gauche la Sorbonne, la plus ancienne université de Paris au cœur du Quartier latin. De ce coin de la tour, nous apercevons également le Panthéon. Voltaire, Rousseau, Victor Hugo et d’autres grandes personnalités françaises y reposent.

Maintenant, faisons le tour puis allons au sommet des tours de Notre-Dame.

Nous pouvons admirer le paysage en contrebas. Dans le passé, il y avait des bâtiments tout autour des cathédrales. Il s’agissait d’un endroit très animé et vraiment désordonné. Il n’y avait pas ces grands espaces ouverts comme aujourd’hui, et certaines maisons étaient même collées aux murs des cathédrales.

Les tours de Notre-Dame font à peu près 70 mètres de hauteur.

Admirons le beau panorama sur l’île de la Cité, cœur historique de Paris, entourée par la Seine, avec la cathédrale au centre.

Allons maintenant voir la flèche de la cathédrale. Ici encore, nous pouvons constater un bel anachronisme. En fait, à l’époque de la Révolution, la première flèche de la cathédrale est justement en train d’être démontée car elle menace de s’effondrer. La flèche que l’on voit ici est la seconde flèche de la cathédrale, qui a été construite par l’architecte Eugène Viollet-le-Duc à la fin les travaux de restauration de la cathédrale, s’étendant entre 1844 et 1864.

Mais pour les gens d’aujourd’hui, c’est une partie représentative de Notre-Dame. Donc même s’il s’agit d’un mensonge du point de vue de la réalité historique, on comprend pourquoi les développeurs du jeu ont voulu coiffer Notre-Dame de la belle flèche néogothique de Viollet-le-Duc plutôt que de l’ancienne flèche en train d’être démontée. Et c’est une chance de pouvoir admirer la cathédrale avec cette flèche dans ce jeu, puisque cette dernière a malheureusement été détruite par l’incendie de 2019.

Elle culminait à une centaine de mètres de hauteur. On peut encore admirer Paris et la cathédrale d’ici.

Au centre de l’image, au fond, on aperçoit la Seine, et juste à droite de la Seine, on voit le Louvre, ancienne demeure royale transformé en musée. Mais on ne voit pas un bâtiment qu’on verrait aujourd’hui, c’est-à-dire la tour Eiffel. Elle a été construite exactement 100 ans après la Révolution de 1789.

Voilà ! C’est ici que s’achève notre petite visite virtuelle du cœur historique de Paris depuis les hauteurs de la cathédrale Notre-Dame dans Assassin’s Creed Unity.


Questions

Questions de compréhension

  1. A la Révolution française, il y avait une flèche sur Notre-Dame ?
  2. Dans la vidéo, quels anachronismes dans la représentation de Paris ont été mentionnés ?
  3. Quels sont les bâtiments célèbres de Paris qu’on entrevoit depuis les toits de la cathédrale (dans la vidéo) ? Vous les connaissez ?

Allez en page 2 pour voir les réponses !

Pour le débat et la discussion

  1. Parlez d’une œuvre (un roman, un manga, un film, un jeu vidéo…) qui recrée le passé en déformant la réalité historique : comparez l’œuvre et l’histoire.
  2. Dans le jeu Assassin’s Creed Unity, on explore une représentation fictionnelle du Paris de la Révolution, qui s’écarte de la réalité historique. Mais en réalité, chacun se représente Paris différemment. Et vous, comment vous représentez-vous Paris ?
  3. Pour vous, Paris dans Assassin’s Creed Unity est-il « faux » ?

Pour approfondir

  1. Présentation très détaillée du Paris d’Assassin’s Creed Unity sur le blog d’Odysseus0904 (Gameblog).

Notre-Dame de Paris

▶Découvrir l’histoire de Notre-Dame
▶Parler des problèmes touchant la restauration du patrimoine historique

Sommaire

  1. Vocabulaire
  2. Vidéo
  3. Transcription
  4. Questions
  5. Pour approfondir
  6. Réponses aux questions de compréhension (page 2)

Vocabulaire

être délaissé
être victime de dégradations/subir des dégradations (de la part de)
être détruit, la destruction
conserver, la conservation
préserver, la préservation
reconstruire, la reconstruction
restaurer, la restauration
réparer, la réparation
un bâtiment, un édifice, une construction
un monument

Vidéo

Sous-titres : français, anglais, japonais

Transcription

La cathédrale Notre-Dame de Paris a été construite entre les 12e et 14e siècles. C’est un monument médiéval de style gothique se trouvant au cœur de Paris, à côté du Palais de la Cité, demeure traditionnelle des rois de France entre les 10e et 14e siècles.

A partir du 15e siècle et surtout au 16e siècle, la vision du monde et les valeurs des Européens se mettent à changer radicalement, annonçant la fin de l’époque médiévale.

Cette période est caractérisée par une redécouverte de la culture gréco-romaine, par les grandes découvertes, et par le dynamisme des sciences naturelles.

Les termes Antiquité, Moyen Âge et Renaissance sont justement apparus à cette époque et expriment ce changement de paradigme.

La période de dix siècles comprise entre les 5e et 15e siècles qu’on appelle alors le Moyen Âge est dépréciée pour mieux mettre en valeur le renouveau artistique et intellectuel de la Renaissance des 15e et 16e siècles qui idéalise les sociétés de l’Antiquité.

Les vieux édifices médiévaux, églises ou châteaux forts, sont abandonnés et laissés en ruines, ou bien détruits, alors qu’on construit les somptueux châteaux baroques et classiques des rois de France, qui s’imaginent les héritiers de l’âge d’or grec.

Les Lumières au 18e siècle et la Révolution française, qui sont des mouvements véhiculant un fort sentiment antireligieux et notamment anticatholique, ont accentué ce phénomène, et les bâtiments médiévaux ont alors été victimes de dégradations volontaires. La cathédrale Notre-Dame de Paris, saccagée, servit pendant un temps d’entrepôt à vins. Pour le sacre de Napoléon en tant qu’empereur des Français en 1804 à Notre-Dame de Paris, des décors sont installés pour cacher le délabrement de la cathédrale. Peu après, il est même envisagé de la détruire.

Cependant, la parution du roman de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, en 1831, et le courant romantique qui gagne l’Europe au 19e siècle vont sauver la cathédrale. Les artistes romantiques défendaient les valeurs artistiques et historiques des vieux édifices médiévaux, dénigrés de la Renaissance à la Révolution. Grâce à ce mouvement et au succès du roman, la cathédrale Notre-Dame de Paris retrouva l’attention des Parisiens. C’est aussi à cette époque qu’est née la notion de monument historique.

Finalement, l’architecte Eugène Viollet-le-Duc dirigea la restauration générale de la cathédrale pendant 20 ans, à partir de 1844, et fit construire une nouvelle flèche néogothique, qui n’aurait jamais existé au Moyen Âge. Il réinventa également de nombreuses décorations pour la cathédrale.

Toutefois, certains d’entre vous doivent s’en souvenir, un incendie a eu lieu à Notre-Dame en avril 2019. Une partie du toit et la flèche ont été détruites. Comme Notre-Dame est un bâtiment extrêmement important pour l’histoire de France et la culture française, ce fut un événement tragique.

Par la suite, beaucoup d’architectes ont envoyé des propositions de reconstruction au gouvernement. Par exemple, ici à gauche, il s’agit d’un projet de jardin sur le toit de la cathédrale. A droite, c’est un projet de toit surmonté d’une flèche en verre.

D’un côté, il y a eu beaucoup de propositions novatrices, mais d’un autre côté, beaucoup de gens voudraient une restauration plus sobre, comme une simple réparation du toit sans nouvelle flèche.

Faut-il préserver les monuments, les garder en l’état pour conserver le passé ? Ou bien faut-il les transformer pour qu’ils restent des symboles culturels vivants ? L’histoire de Notre-Dame de Paris nous permet de réfléchir à ces questions.

Questions

Questions de compréhension

  1. Notre-Dame de Paris _______________ au Moyen Âge.
    a) a été victime de dégradations
    b) a perdu les faveurs du public
    c) a été construite
  2. A la Renaissance, elle ____________ .
    a) a été victime de dégradations
    b) a perdu les faveurs du public
    c) a été construite
  3. A la Révolution française, Notre-Dame de Paris __________________ .
    a) a été victime de dégradations
    b) a perdu les faveurs du public
    c) a été construite
  4. Quel mouvement artistique et culturel a permis à la cathédrale Notre-Dame de retrouver l’intérêt du public ?
  5. Quand est-ce que la cathédrale a été restaurée ?
  6. Quand est-ce que la flèche de Viollet-le-Duc a été détruite ?
  7. Est-ce que tous les Français sont d’accord pour reconstruire une nouvelle flèche moderne ?

Allez en page 2 pour voir les réponses !

Pour le débat et la discussion

  1. Faut-il reconstruire les monuments à l’identique ou transformer le patrimoine ?
  2. Si vous étiez architecte, quelle proposition feriez-vous pour Notre-Dame de Paris et pourquoi ?

Pour approfondir

  1. Dossier sur l’histoire de la cathédrale Notre-Dame sur le site Passerelle(s) BnF.
  2. Compilation de propositions soumises pour la reconstruction de la cathédrale (en anglais) :