Le mont Saint-Michel

▶ Découvrir l’histoire du Mont-Saint-Michel
▶ Apprendre du vocabulaire en lien avec l’architecture

Sommaire

  1. Vocabulaire
  2. Vidéo
  3. Transcription
  4. Questions
  5. Réponses aux questions de compréhension (page 2)

Vocabulaire

une égliselieu de réunion des croyants (les fidèles). Elle est en générale constituée d’une nef, d’un transept et d’un chœur, et surmontée par un clocher
une chapellepetite église ou petite salle le long de la nef d’une église
une cathédralel’église de l’évêque d’un diocèse (une région administrée par un évêque)
un monastèreétablissement religieux rassemblant des moines ou des moniales suivant une « règle » (la règle de Saint-Benoît pour les moines des monastères bénédictins)
une abbayeun grand monastère disposant d’une autonomie juridique et dirigé par un abbé ou une abbesse
gagner en importancedevenir plus important
faire amende honorablereconnaître ses tords et s’excuser
mettre en chantier (qqch)engager = débuter = s’atteler à = engager = commencer
un lieu de détention = un établissement pénitentiaireune prison
compenser (par/avec)équilibrer
reposer sur = être soutenu pars’appuyer sur
l’ordre des bénédictinsun ordre religieux suivant la règle de Saint Benoît (Sanctus Benedictus)
le scriptoriumdans un monastère, lieu où les moines écrivent et copient les manuscrits

Vidéo

Sous-titres : français, anglais, japonais

Transcription

Le mont Saint-Michel, classé sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979, est le plus important site touristique français hors de Paris et Versailles.

Le mont accueille 3 millions de touristes chaque année, et l’abbaye qui se trouve à son sommet voit passer entre ses murs environ 1 million de visiteurs par an.

Le prestige du mont Saint-Michel s’explique par trois aspects qui s’influencent mutuellement : sa situation géographique, son histoire, et son architecture.

1. Géographie

Le mont Saint-Michel se trouve au nord-ouest de la France, à la frontière entre la Bretagne et la Normandie.

La commune du Mont-Saint-Michel comprend un territoire sur le continent et un îlot rocheux coiffé par la célèbre abbaye. C’est ce rocher, sur lequel un culte est dédié à l’archange Saint-Michel depuis le 8e siècle, qui a donné son nom à la fois à la commune et à la baie toute entière.

On accède au rocher montois par un pont-passerelle, puis il faut gravir la rue principale du village pour arriver à l’abbaye. Si on veut éviter un tant soit peu la foule, on peut aussi passer par les ruelles ou bien par les remparts qui longent le côté est. Une fois dans l’abbaye, l’ascension continue, jusqu’à arriver à l’église qui couronne ce chef d’œuvre architectural.

2. Histoire

Personne ne peut dire précisément quand est-ce que l’îlot appelé le Mont Tombe est devenu un lieu sacré mais il l’était déjà avant que ne commence son histoire chrétienne.

Selon la tradition, en 708, l’archange Saint-Michel serait apparu par trois fois à l’évêque d’Avranches, Aubert, pour lui ordonner de construire un oratoire sur le Mont Tombe. Aubert y installe donc une collégiale de chanoines chargée de répandre la foi chrétienne.

En dépit de sa dangerosité d’accès, le lieu gagne en importance, les pèlerins y affluent, et une petite communauté villageoise s’installe auprès des religieux.

En 966, le duc Richard Ier de Normandie chasse les chanoines pour donner le mont à des moines de l’ordre des Bénédictins. Ceux-ci s’y installent et grâce aux dons du duc, construisent une nouvelle église et une chapelle.

Cependant, les bâtiments s’avèrent bientôt trop petits pour recevoir les nobles et les pèlerins venus de très loin pour visiter ce lieu consacré à Saint-Michel. Toujours soutenu financièrement par les ducs de Normandie, anciens vikings installés en France et futurs conquérants de l’Angleterre, les bénédictins vont entamer la construction d’une grande abbaye au XIe siècle.

Le projet est ambitieux : la nouvelle église dépasse en superficie le sommet du rocher montois. Le bâtiment religieux repose donc en partie sur le rocher, la croisée du transept, et en partie sur un soutènement constitué principalement de 4 cryptes, dont l’une est l’ancienne chapelle préromane construite au Xe siècle et toujours visible de nos jours : Notre-Dame-sous-Terre.

Pendant les XIe et XIIe siècles, on construit ainsi l’abbaye romane constituée de bâtiments monastiques fortifiés entourant l’église.

Ces constructions subissent à plusieurs reprises des dégâts dû à des défauts de construction, des tempêtes ou à la foudre qui provoque des incendies…

Mais le mont n’est pas non plus épargné par les guerres.

Au début du XIIIe siècle, de grands dommages sont causés lors d’une tentative d’invasion armée des troupes bretonnes alliées à Philippe Auguste, qui cherchent à reconquérir les territoires que le roi d’Angleterre Jean sans Terre, descendant des ducs de Normandie, possède alors en France.

Les troupes bretonnes, qui n’arrivent pas à prendre l’abbaye fortifiée, incendient le village alors situé au nord de l’île avant de s’en aller. Le feu se propage au-delà des fortifications et détruit une grande partie du monastère.

Philippe Auguste, après avoir réussi à s’emparer des terres de son rival, cherche à faire amende honorable. Il soutient un nouveau projet de reconstruction au nord de l’église qui est alors mis en chantier.

La nouvelle construction, appelée « la Merveille », consiste en trois bâtiments de chacun trois étages, alignés d’est en ouest, et de style gothique. Le bâtiment le plus à l’est est construit en premier. L’étage inférieur sert à accueillir les pèlerins, l’étage directement supérieur sert à recevoir les nobles, et le dernier étage sert de réfectoire aux moines. Les trois étages du deuxième bâtiment de la Merveille servent, de bas en haut, d’entrepôt à provision, de salle de travail ou « scriptorium », pour les moines, et enfin de cloître.

Le troisième bâtiment du projet ne sera quant à lui jamais construit. A la place, le village concentré au sud-est est fortifié pour protéger l’accès à l’abbaye.

En effet, entre les XIIIe et XVe siècles, le mont Saint-Michel se trouve au cœur des conflits qui opposent les royaumes de France et d’Angleterre et qui vont culminer pendant la guerre de Cent-Ans, entre 1337 et 1453. Des fortifications de plus en plus étendues sont donc construites pour protéger l’abbaye et le village des assauts des forces anglaises, faisant du mont Saint-Michel l’une des rares places fortes qui résistent avec succès aux armées anglaises dans le nord-ouest de la France.

Ces remaniements dans la défense du mont ont des conséquences sur la route empruntée par les pèlerins. Ceux-ci qui jusqu’au XIIe siècle longeaient le côté nord ou le côté sud du mont avant d’arriver à l’église par l’ouest, doivent dorénavant entrer dans l’abbaye par l’est, en gravissant la rue principale du village, continuant vers un nouveau bâtiment d’entrée où se trouve la salle des gardes et un tribunal, et achevant leur ascension du mont par le long escalier à ciel ouvert appelé le « Grand degré ».

Le 20 septembre 1421, le chœur de l’église s’effondre. Nous sommes toujours dans la guerre de Cent Ans et ce n’est qu’à la fin de celle-ci que les travaux de reconstruction pourront s’achever. Comme la crypte orientale qui soutenait le chœur n’est pas détruite, elle est renforcée, gagnant son nouveau nom de « crypte des gros piliers », pour soutenir les colonnes du chœur gothique flambant neuf de 25 mètres de haut, élancé et lumineux. Le chœur de l’église est également soutenu à l’extérieur par des arcs-boutants, qui compensent avec grâce la poussée exercée sur les voûtes.

En août 1776, un incendie créé des dommages irréversibles dans la nef de l’église et la partie occidentale est abattue. On construit alors une nouvelle façade, de style classique cette fois, pour fermer l’église, qui est donc plus courte qu’à l’origine.

Depuis le XVe siècle, sous Louis XI, l’île fortifiée coupée du continent servait de lieu de détention pour des prisonniers politiques. Mais de la Révolution française jusqu’en 1863, le mont Saint-Michel sera utilisé exclusivement comme prison d’État, et sera parfois surnommé la « Bastille des mers ».

La grue à treuil que l’on peut voir lors de la visite est un témoin de cette époque où demeurait dans les cellules du mont Saint-Michel plusieurs centaines de prisonniers.

Au XIXe siècle, des personnalités engagées comme Prosper Mérimée ou Victor Hugo militent pour la conservation du patrimoine architectural français, et d’abord pour le sauvetage des monuments religieux du Moyen Âge, saccagés par les mouvements de déchristianisation pendant la Révolution puis laissés à l’abandon. En 1863, sous Napoléon III, l’îlot cesse enfin d’être un établissement pénitentiaire, et en 1872, le gouvernement de la IIIe République engage la restauration du Mont-Saint-Michel. Celui-ci est classé « monument historique » en 1874. Trois architectes vont successivement diriger les travaux. Ils sont tous disciples directs ou indirects d’Eugène Viollet-le-Duc, l’architecte qui a dirigé la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris entre 1844 et 1864.

Le premier à s’atteler à la tâche est Édouard Corroyer. Il amène avec lui sa femme de chambre, Anne Boutiaut, qui tombe amoureuse et se marie avec le fils du boulanger du Mont, Victor Poulard. Le couple s’installe sur le Mont avec la bénédiction de Corroyer et y ouvrent une auberge. Anne Boutiaut, qu’on appelle alors la « mère Poulard », y régale les voyageurs affamés d’un accueil chaleureux et d’une spécialité rapide à cuisiner : les omelettes.

Sous la direction de Corroyer, la construction d’une digue destinée à relier le Mont au continent débute. Auparavant, les voyageurs venaient du nord, de Genêts près d’Avranches, et traversaient la baie à marée basse dans des calèches appelées « maringotes », ou à pied, en passant par l’îlot de Tombelaine. La nouvelle digue dont les travaux s’achèvent en 1879 amène dorénavant les voyageurs depuis le sud, et à toute heure. En effet, le flux des voyageurs n’est plus interrompu par les marées hautes pendant lesquelles la mer vient entourer les remparts. C’est depuis cette époque, qui voit également le développement du chemin de fer et de la photographie, que le Mont devient une grande destination touristique.

Le second architecte en charge des travaux de rénovation est Victor Petitgrand. C’est à lui que l’on doit, entre autres, la nouvelle flèche néo-gothique du Mont-Saint-Michel, qui ressemble beaucoup à celle qu’a construite son mentor Viollet-le-Duc à Notre-Dame de Paris. Pour coiffer l’abbaye de cette nouvelle flèche qui culmine à plus de 150 mètres au-dessus du niveau de la mer, il démonte et reconstruit à neuf la croisée du transept et ses grandes colonnes.

Enfin, le troisième architecte, Paul Gout, s’opposant aux idées de ses prédécesseurs, s’efforcera de restaurer le Mont tout en conservant son authenticité historique, c’est-à-dire en reconstituant et renforçant l’édifice sans ajouter de nouvelles constructions. Il est aussi l’auteur d’un ouvrage de référence sur l’histoire du Mont-Saint-Michel.

Les rénovations sur le Mont se sont poursuivies tout au long du XXe siècle. A ce jour, le dernier épisode de cette épopée architecturale est le rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel. En effet, depuis la fin du XIXe siècle et la construction d’un barrage et de plusieurs digues, l’ilot montois n’avait plus été entouré par la mer. Pire, la baie où trône le mont Saint-Michel s’était même ensablée.

Entre 2005 et 2015, des travaux ont remplacé la digue par un pont-passerelle de 760 mètres, et ont installé un barrage sur le Couesnon chargé de déverser de gros volumes d’eau pour repousser les sédiments qui s’amassent au sud de l’îlot montois et désensabler la baie. Ainsi, en allant aujourd’hui visiter le mont Saint-Michel, son abbaye et sa baie, on peut admirer une merveille architecturale et une merveille naturelle, vivant en symbiose depuis plus de 1300 ans.

3. Influence dans les arts

Grâce aux efforts humains et à la clémence de la nature, le mont Saint-Michel a pu rester tel qu’il frappe encore l’imagination du pèlerin contemporain, et nombreux sont les artistes qui ont trouvé en cette œuvre conjuguée de la nature et de l’art une source d’inspiration.


Questions de compréhension

  1. Combien y a-t-il de visiteurs chaque année au Mont-Saint-Michel ?
  2. Selon la tradition, quelle est l’année de fondation du Mont-Saint-Michel en tant que sanctuaire chrétien ?
  3. Combien de cryptes soutiennent l’église ?
  4. Quels sont les différents styles architecturaux des bâtiments qui composent l’abbaye du Mont-Saint-Michel ?
  5. Vrai ou faux ? Le Mont-Saint-Michel a toujours servi de lieu de culte chrétien.
  6. En quelle année le Mont-Saint-Michel a été classé « monument historique » ?
  7. Complétez avec les directions cardinales : Autrefois, les pèlerins accédaient au Mont-Saint-Michel par ______ et entraient dans l’abbaye par __________, mais aujourd’hui, on arrive au Mont par _________ et on entre dans l’abbaye par _______ .
  8. Qui a été chargé de la construction d’une digue reliant le continent à l’ilot du Mont-Saint-Michel ?
  9. Qui a construit la flèche que l’on voit de nos jours ?
  10. Qui a écrit un livre de référence sur l’histoire du Mont-Saint-Michel ?
  11. Vrai ou faux ? Aujourd’hui, le Mont-Saint-Michel n’est plus entouré par la mer.
  12. Donnez le nom des endroits ou parties de l’église numérotés ci-dessous.
    1.
    2.
    3.
    4.
    5.
    6.
    7.
    8.
    9.

Allez en page 2 pour voir les réponses !

Notre-Dame et Paris dans Assassin’s Creed Unity

▶Découvrir le Paris de la Révolution dans Assassin’s Creed Unity
▶Connaître des bâtiments célèbres proches de la cathédrale Notre-Dame

Sommaire

  1. Vidéo
  2. Transcription
  3. Questions
  4. Pour approfondir
  5. Réponses aux questions de compréhension (page 2)

Vidéo

Sous-titres : français, anglais, japonais

Transcription

Vocabulaire important : verbes noms, adjectifs, etc lieux célèbres


Dans cette vidéo, nous allons admirer Notre-Dame et le cœur de Paris grâce à un jeu vidéo. Certains d’entre vous le connaissent peut-être, il s’agit d’Assassin’s Creed Unity, un jeu de l’entreprise française Ubisoft, sorti en 2014.

Assassin’s Creed est une série de jeux vidéo qui prennent pour toile de fond différentes périodes de l’histoire mondiale : égypte antique, grèce ancienne, renaissance italienne… L’épisode qui nous intéresse se déroule à l’époque de la Révolution française.

Cette œuvre est une fiction, mais la reconstitution du Paris de la Révolution est étonnante de réalisme. Les créateurs n’ont toutefois pas reconstruit scrupuleusement le Paris historique, qui a d’ailleurs beaucoup évolué en ces années de grands changements, mais ils ont plutôt recréé un Paris qui condense une centaine d’années d’histoire française.

Par exemple, ici le jeu nous place en 1789, et on voit partout le même drapeau tricolore qu’on connaît aujourd’hui. Mais si les trois couleurs, le bleu, le blanc et le rouge, sont effectivement déjà associées, ce sont les couleurs utilisées par le roi comme par les révolutionnaires, cet ordre des couleurs, en trois bandes verticales, n’est fixé définitivement qu’en 1794 pour flotter sur les vaisseaux de la marine française, et ce pavillon mettra encore du temps à s’imposer comme drapeau national. De la même façon, la Marseillaise que l’on entend parfois dans le jeu n’a pas encore été écrite en 1789. Il s’agit d’un chant de guerre patriotique écrit à Strasbourg en 1792 alors que la France déclare la guerre à l’Autriche. Les Parisiens découvrent ce chant patriotique par les troupes venues de Marseille, et lui donnent le nom de Marseillaise.

Ce genre d’anachronismes a été souligné de nombreuses fois par les historiens et les professeurs, mais vu d’aujourd’hui, il faut reconnaître que la Révolution, le drapeau tricolore et la Marseillaise sont des symboles devenus impossibles à séparer.

Là, nous voyons une plaque de rue au-dessus d’une porte. En fait, ce système n’est mis en place que 40 ou 50 ans plus tard.

Donc, comme je l’ai dit plus tôt, il s’agit d’un Paris à la fois fictionnel et réel qui condense environ un siècle d’histoire.

L’un des attraits des Assassin’s Creed est de pouvoir escalader les bâtiments en toute liberté. On va donc escalader Notre-Dame, et découvrir ce Paris à la fois fictionnel et réel depuis les hauteurs de la cathédrale.

Ce faisant, on peut non seulement admirer l’architecture de la cathédrale, mais aussi contempler le paysage environnant, et chercher les bâtiments célèbres du Paris historique.

Notre-Dame se trouve au cœur de Paris, sur l’île de la Cité. On voit au fond le Palais de la cité, ancienne demeure des rois de France au Moyen Âge, et la Sainte-Chapelle construite au XIIIe s. pour conserver les reliques de la Passion du Christ que Louis IX, futur Saint Louis, s’est évertué à rassembler durant son règne, comme la couronne d’épine, la croix ou le sang de Jésus Christ.

Là, nous marchons sur la galerie peuplée par les chimères créées au XIXe siècle lors de la restauration de la cathédrale et par des gargouilles qui, elles, datent bien du Moyen Âge, et qui servent à évacuer l’eau de pluie loin des murs.

Au fond à droite, nous voyons le Palais du Luxembourg, et un peu à gauche la Sorbonne, la plus ancienne université de Paris au cœur du Quartier latin. De ce coin de la tour, nous apercevons également le Panthéon. Voltaire, Rousseau, Victor Hugo et d’autres grandes personnalités françaises y reposent.

Maintenant, faisons le tour puis allons au sommet des tours de Notre-Dame.

Nous pouvons admirer le paysage en contrebas. Dans le passé, il y avait des bâtiments tout autour des cathédrales. Il s’agissait d’un endroit très animé et vraiment désordonné. Il n’y avait pas ces grands espaces ouverts comme aujourd’hui, et certaines maisons étaient même collées aux murs des cathédrales.

Les tours de Notre-Dame font à peu près 70 mètres de hauteur.

Admirons le beau panorama sur l’île de la Cité, cœur historique de Paris, entourée par la Seine, avec la cathédrale au centre.

Allons maintenant voir la flèche de la cathédrale. Ici encore, nous pouvons constater un bel anachronisme. En fait, à l’époque de la Révolution, la première flèche de la cathédrale est justement en train d’être démontée car elle menace de s’effondrer. La flèche que l’on voit ici est la seconde flèche de la cathédrale, qui a été construite par l’architecte Eugène Viollet-le-Duc à la fin les travaux de restauration de la cathédrale, s’étendant entre 1844 et 1864.

Mais pour les gens d’aujourd’hui, c’est une partie représentative de Notre-Dame. Donc même s’il s’agit d’un mensonge du point de vue de la réalité historique, on comprend pourquoi les développeurs du jeu ont voulu coiffer Notre-Dame de la belle flèche néogothique de Viollet-le-Duc plutôt que de l’ancienne flèche en train d’être démontée. Et c’est une chance de pouvoir admirer la cathédrale avec cette flèche dans ce jeu, puisque cette dernière a malheureusement été détruite par l’incendie de 2019.

Elle culminait à une centaine de mètres de hauteur. On peut encore admirer Paris et la cathédrale d’ici.

Au centre de l’image, au fond, on aperçoit la Seine, et juste à droite de la Seine, on voit le Louvre, ancienne demeure royale transformé en musée. Mais on ne voit pas un bâtiment qu’on verrait aujourd’hui, c’est-à-dire la tour Eiffel. Elle a été construite exactement 100 ans après la Révolution de 1789.

Voilà ! C’est ici que s’achève notre petite visite virtuelle du cœur historique de Paris depuis les hauteurs de la cathédrale Notre-Dame dans Assassin’s Creed Unity.


Questions

Questions de compréhension

  1. A la Révolution française, il y avait une flèche sur Notre-Dame ?
  2. Dans la vidéo, quels anachronismes dans la représentation de Paris ont été mentionnés ?
  3. Quels sont les bâtiments célèbres de Paris qu’on entrevoit depuis les toits de la cathédrale (dans la vidéo) ? Vous les connaissez ?

Allez en page 2 pour voir les réponses !

Pour le débat et la discussion

  1. Parlez d’une œuvre (un roman, un manga, un film, un jeu vidéo…) qui recrée le passé en déformant la réalité historique : comparez l’œuvre et l’histoire.
  2. Dans le jeu Assassin’s Creed Unity, on explore une représentation fictionnelle du Paris de la Révolution, qui s’écarte de la réalité historique. Mais en réalité, chacun se représente Paris différemment. Et vous, comment vous représentez-vous Paris ?
  3. Pour vous, Paris dans Assassin’s Creed Unity est-il « faux » ?

Pour approfondir

  1. Présentation très détaillée du Paris d’Assassin’s Creed Unity sur le blog d’Odysseus0904 (Gameblog).

Notre-Dame de Paris

▶Découvrir l’histoire de Notre-Dame
▶Parler des problèmes touchant la restauration du patrimoine historique

Sommaire

  1. Vocabulaire
  2. Vidéo
  3. Transcription
  4. Questions
  5. Pour approfondir
  6. Réponses aux questions de compréhension (page 2)

Vocabulaire

être délaissé
être victime de dégradations/subir des dégradations (de la part de)
être détruit, la destruction
conserver, la conservation
préserver, la préservation
reconstruire, la reconstruction
restaurer, la restauration
réparer, la réparation
un bâtiment, un édifice, une construction
un monument

Vidéo

Sous-titres : français, anglais, japonais

Transcription

La cathédrale Notre-Dame de Paris a été construite entre les 12e et 14e siècles. C’est un monument médiéval de style gothique se trouvant au cœur de Paris, à côté du Palais de la Cité, demeure traditionnelle des rois de France entre les 10e et 14e siècles.

A partir du 15e siècle et surtout au 16e siècle, la vision du monde et les valeurs des Européens se mettent à changer radicalement, annonçant la fin de l’époque médiévale.

Cette période est caractérisée par une redécouverte de la culture gréco-romaine, par les grandes découvertes, et par le dynamisme des sciences naturelles.

Les termes Antiquité, Moyen Âge et Renaissance sont justement apparus à cette époque et expriment ce changement de paradigme.

La période de dix siècles comprise entre les 5e et 15e siècles qu’on appelle alors le Moyen Âge est dépréciée pour mieux mettre en valeur le renouveau artistique et intellectuel de la Renaissance des 15e et 16e siècles qui idéalise les sociétés de l’Antiquité.

Les vieux édifices médiévaux, églises ou châteaux forts, sont abandonnés et laissés en ruines, ou bien détruits, alors qu’on construit les somptueux châteaux baroques et classiques des rois de France, qui s’imaginent les héritiers de l’âge d’or grec.

Les Lumières au 18e siècle et la Révolution française, qui sont des mouvements véhiculant un fort sentiment antireligieux et notamment anticatholique, ont accentué ce phénomène, et les bâtiments médiévaux ont alors été victimes de dégradations volontaires. La cathédrale Notre-Dame de Paris, saccagée, servit pendant un temps d’entrepôt à vins. Pour le sacre de Napoléon en tant qu’empereur des Français en 1804 à Notre-Dame de Paris, des décors sont installés pour cacher le délabrement de la cathédrale. Peu après, il est même envisagé de la détruire.

Cependant, la parution du roman de Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, en 1831, et le courant romantique qui gagne l’Europe au 19e siècle vont sauver la cathédrale. Les artistes romantiques défendaient les valeurs artistiques et historiques des vieux édifices médiévaux, dénigrés de la Renaissance à la Révolution. Grâce à ce mouvement et au succès du roman, la cathédrale Notre-Dame de Paris retrouva l’attention des Parisiens. C’est aussi à cette époque qu’est née la notion de monument historique.

Finalement, l’architecte Eugène Viollet-le-Duc dirigea la restauration générale de la cathédrale pendant 20 ans, à partir de 1844, et fit construire une nouvelle flèche néogothique, qui n’aurait jamais existé au Moyen Âge. Il réinventa également de nombreuses décorations pour la cathédrale.

Toutefois, certains d’entre vous doivent s’en souvenir, un incendie a eu lieu à Notre-Dame en avril 2019. Une partie du toit et la flèche ont été détruites. Comme Notre-Dame est un bâtiment extrêmement important pour l’histoire de France et la culture française, ce fut un événement tragique.

Par la suite, beaucoup d’architectes ont envoyé des propositions de reconstruction au gouvernement. Par exemple, ici à gauche, il s’agit d’un projet de jardin sur le toit de la cathédrale. A droite, c’est un projet de toit surmonté d’une flèche en verre.

D’un côté, il y a eu beaucoup de propositions novatrices, mais d’un autre côté, beaucoup de gens voudraient une restauration plus sobre, comme une simple réparation du toit sans nouvelle flèche.

Faut-il préserver les monuments, les garder en l’état pour conserver le passé ? Ou bien faut-il les transformer pour qu’ils restent des symboles culturels vivants ? L’histoire de Notre-Dame de Paris nous permet de réfléchir à ces questions.

Questions

Questions de compréhension

  1. Notre-Dame de Paris _______________ au Moyen Âge.
    a) a été victime de dégradations
    b) a perdu les faveurs du public
    c) a été construite
  2. A la Renaissance, elle ____________ .
    a) a été victime de dégradations
    b) a perdu les faveurs du public
    c) a été construite
  3. A la Révolution française, Notre-Dame de Paris __________________ .
    a) a été victime de dégradations
    b) a perdu les faveurs du public
    c) a été construite
  4. Quel mouvement artistique et culturel a permis à la cathédrale Notre-Dame de retrouver l’intérêt du public ?
  5. Quand est-ce que la cathédrale a été restaurée ?
  6. Quand est-ce que la flèche de Viollet-le-Duc a été détruite ?
  7. Est-ce que tous les Français sont d’accord pour reconstruire une nouvelle flèche moderne ?

Allez en page 2 pour voir les réponses !

Pour le débat et la discussion

  1. Faut-il reconstruire les monuments à l’identique ou transformer le patrimoine ?
  2. Si vous étiez architecte, quelle proposition feriez-vous pour Notre-Dame de Paris et pourquoi ?

Pour approfondir

  1. Dossier sur l’histoire de la cathédrale Notre-Dame sur le site Passerelle(s) BnF.
  2. Compilation de propositions soumises pour la reconstruction de la cathédrale (en anglais) :